Miroir, miroir...
Envie de silence, besoin de silence et de quiétude. Pas de bruit, pas de cris, rien, juste le silence et moi attentif pour l’écouter. Alors se lever plus tôt que les autres, ranger tout pour que l’esprit soit plus calme, apprécier le vide et me gaver de on néant. Le soleil est déjà si haut dans le ciel, et moi petit homme si bas… Plus envie de sourire comme un débile, plus envie d’arrondir les angles et de faire des efforts, pas envie d’entendre ce chat de plastique remuer la tête, pas envie d’entendre les voisins, juste envie de silence, de solitude et de paix… parce que c’est nécessaire, parce que j’étouffe, parce que ça hurle au-dedans…
Paris est une ville magnifique où j’ai tellement de choses à voir. Tellement de gens à rencontrer, tellement d’âmes, tellement de choses à découvrir, et moi… moi je reste là cloué devant mes dvd, mes feuilles blanches et mon clavier. Je me sens artiste mais je ne le suis pas. Je perds mon temps avec moi-même alors que je pourrais aller vers ces autres qu’il me arde de découvrir. Ma chambre me dégoute, trente ans et la chambre d’une gamine de quatorze. Envie de jeter toutes ces peluches, toutes ces figurines, ces gadgets roses et bleus, les papillons et les rubans, les photos et la couleur. Envie de tout repeindre en noir, de m’habiller en noir, de me raser la tête et d’avoir le courage d’envoyer chier toutes les personnes qui m’entourent. Envie d’être seul, d’être moi, de m’éloigner de tout et pourquoi pas de disparaitre. Cette vie m’épuise ces moments de spleen sont tellement plus fréquent que l’idéal. Le cafard que je déteste tant, le temps que je méprise tant, toutes ces choses qui me font du mal et qui pourtant me tendent leurs bras. Me lover dans ma solitude et ma mélancolie, je sais que ce n’est pas bon pour moi, je sais, mais ai-je seulement le choix ?
Nous avons toujours le choix
Que je n’entende plus jamais cette phrase qui n’a aucun sens. Pas envie de regarder de dvd, d’utiliser ma palette graphique, de prendre un crayon pour dessiner, d’écrire une ébauche de manuscrit, de faire des gâteaux, d’aller au cinéma… Envie de grandeur, de vide et d’espace, envie de silence et de nuit, de soleil et d’étoile, envie de musique douce et de sourire, envie de mains sur moi, de voix dans mon oreille, envie de tout ce qu’il me donnait, parce que je marche comme ça… J’ai besoin d’un autre pour vivre, j’ai besoin d’un autre où m’attacher, besoin d’un autre pour passer mes colères, d’un autre pour me sentir plus fort, plus grand, pour me sentir astre, pour me sentir vivant… Sans autre, je suis tellement vide, tellement mort au-dedans… Forêt de restes morts et de pourriture grouillante de vermines… Elles me dévorent sans autre, elles me digèrent et plantent leurs dents de vers conquérant dans la chair de mes entrailles putréfiées… Sans autre, je ne suis tellement rien… Il aurait voulu que je pense le contraire… Comme d’autres avant lui, il a dit les terribles mots que j’ai faits semblant d’ignorer, parce que je ne sais faire que ça, fuir…
Ça semble plus profond…
Oui, le malaise est bien plus profond. Je sais où il se situe, je sais ce qui fait que je suis aussi avide de l’autre, ce qui fait que je ne suis jamais satisfait, que je suis un tortionnaire, que je suis mauvais et sale au-dedans. Je sais d’où ça vient et je sais que je devrais consulter pour aller mieux, pour accepter et avancer enfin… Mais je ne suis pas malade ! J’ai juste besoin de savoir que je suis au sommet dans le cœur de l’autre, juste savoir ça et je peux m’endormir sans cauchemar, et je peux sourire pour de vrai, et je peux écrire et dessiner, chanter et aller au cinéma avec des amis et m’amuser sans même le voir ou lui parler, parce que je sais. Tant que je sais, je suis fort, je suis grand, je suis un monstre qui se gorge du sang de l’amour qu’on me porte et il me porte cet amour, il me porte et fait de moi la chimère étincelante que je suis… Mais sans ça, je ne suis rien, rien que du vide, du vide sur du creux, un abime si profond de néant… Même si je sais qu’au fond, je ne suis pas rien…
Envie de silence pour apaiser mon âme, besoin de l’écrire pour me soulager, besoin de sortir de voir des yeux sur moi, besoin de changer et de rester le même… Mon cœur, cette éponge sans nom qui s’assèche me murmure faiblement qu’il ne faut pas céder aux tentations amère de la mélancolie, alors je la pose ici avec ma rage et mon amour pour que la vie au dehors soit plus légère à mon âme. Besoin de silence et de calme, mais j’irais quand même chercher le bruit et le désordre pour :me sentir vivant dans la masse avant que je ne devienne mort et m’efface…
20/09/08 - 11:51
J'ai au moins réussis a lire celui-ci .
tom2027