Miroir, miroir...
Parce qu’il faut savoir se taire afin que le silence puisse s’exprimer. Parce que les mots ne disent pas tout, parce que l’autre est le reflet de sa propre vie, parce que je suis comme la Lune, changeant et pourtant fidèle, parce que les plus belles choses sont celles qui sentent le mal, parce qu’après le beau temps, le ciel sait se faire fureur, parce que derrière ce qui brille, derrière mes sourires, derrière mes mensonges et mes vérités, parce que les pieuvres et les ongles au bout de mes doigts, parce que tant de choses font que je ne devrais pas écrire se soir…
Accumuler les sentiments, accumuler toute sorte de sentiments, l’envie, la jalousie, la détresse, la passion, l’amour, la déception, la trahison, la sérénité, l’amitié et l’angoisse. Accumuler plus encore et tout garder. Tout garder jusqu’à ce que ça explose… C’est dangereux de faire ça, c’est mauvais et ça fait mal. Aux autres, et à moi. Etre égoïste ? Mais ouvrez les yeux, je le suis déjà tellement ! Je refuse que l’on se permette d’avancer mes qualités alors que je suis moi-même conscient de mon état ! QUI me connait assez pour dire que je suis bon, gentil, talentueux, que je mérite telle ou telle chose ? QUI est celui qui peut oser juger ce que je vaux ? Parce qu’il suffit d’un sourire pour prouver sa valeur ? Parce qu’il suffit d’être drôle et touchant par moment ? Ouvrez les yeux, je ne suis rien de tout cela, je suis juste une coquille vide, une coquille que l’on a cassé, que l’on essaie de réparer, mais qui reste pour autant que je sache très fissurée. Je ne suis qu’une larve à l’intérieur qui tente, par pur esprit de jalousie, d’attirer sur lui les regards. Parce que je veux être aimé, je veux être adoré, je veux être grand, immense, éternel. Je veux être un astre pour vous dévorer de ma lumière pour vous bruler. Je veux être indispensable à votre vie et vous assoiffer, vous assécher, vous déshydrater. Vampire écarlate à la multitude de bras en fusions, je veux vous faire suffoquer, vous faire crever ! Je veux que vous vous entretuiez pour moi, que vous sacrifiez vos plus belles âmes, je veux du sang et de la mort et être le symbole de la vie ! QUI peut me dire que je ne souhaite pas cela ? QUI me sait assez pour me contredire ? De quel droit se permet-on de me prouver le contraire ?
Je suis gentil ? Je suis généreux ? Je suis prévenant ? Je suis artiste ? Je suis sensible ? Mais ne sont-ce pas là les qualités pour qu’un être aussi égocentrique, narcissique et autocentré sur sa propre image de lui-même, que moi soit apprécié de tous ? Il faut arrêter le cinéma, qu’ai-je fait ? Qu’ai-je dit ? Et ce que je pense alors ?
Se soir je suis en colère, j’ai le sang qui bouillonne et les poings serrés. Mes veines battent au rythme des pulsations de ma haine contre moi-même, car dans ma grande contemplation narcissique, je me plaints et je m’écœure autant que je me méprise… Pauvre petite créature, pauvre déchet, pauvre de moi…
J’ai des abeilles dans la tête. Elles sont belles comme le jour, grande comme l’amour, immenses et terrifiante, mauvaises et pourtant apprivoisées. Qui peut vivre avec de tels monstres dans le crane ? Qui peut savoir réellement qui je suis ? Ne suis-je pas capable d’avouer tout ce que je n’ai pas fait ? Mentir, mentir encore et toujours et finir par ne plus savoir où se trouve la vérité… Je me sens si seul, je me sens si vide, je me sens si mauvais et je me donne tant l’envie de vomir ! Que l’on ne me dérange sous aucun prétexte… Mais qui viendrait me déranger d’ailleurs ? Il y a des maux que l’on voudrait éviter, que l’on voudrait dire, que l’on voudrait… Je veux souffrir pour me savoir vivant, Je veux souffrir pour que l’on se penche sur moi… Je ne suis pas celui là… je ne le suis pas seulement…
Parce que se soir j’ai la bave au bord des lèvres, la larme au bord de l’œil, l’amour au bord du cœur, et que personne ne le sait, que personne ne me le demande, personne. Comme un mot qui revient, comme une idée de recommencement, comme toute ma vie dans ce seul mot, comme pas à la hauteur, comme envie d’être un astre… Aimez-moi disait les mots que j’avais écrits, aimez-moi, crient mes yeux, aimez-moi ! AIMEZ-MOI PUTAIN ! Aimez-moi avant que je vous aime, après que je vous aurai aimé… Aimez-moi, que je ne sois pas le seul à souffrir, aimez-moi… abreuvez mon vampire…
Aimez-le…