J'écoute : mais je ne dis rien
Je regarde : et baisse les yeux
Je lis : du début à la fin
Je joue : pour oublier un peu
Je mange : parce qu'il faut bien
Je bois : et je ne vais pas mieux
Je cite : des maux mais en vain
Je pense : à rajouter du bleu...
Je rêve : je rêve, et demain ?
(mis à jour dimanche 10 août 2008 à 11:44)

17/09/2008

17/09/08 - 20:21

Miroir, miroir...


Fermer les yeux et sentir les ténèbres m’envahir. Fermer les paupières et lâcher prise pour tomber, tourbillonner et tomber. Comme la chute est lente et longue, comme jamais je ne cesse de tomber, et tout ce bruit tout autour de moi, et tout ce bruit que je ne vois pas… Alors regarder un peu le monde pour voir comme il résonne, ouvrir les yeux et les poser sur un pan de mémoire embrumant le regard… parce qu’on n’a pas besoin de fermer les yeux pour rester dans les ténèbres, parce que ce qui semble heureux ne l’est pas forcément, tout comme celui qui n’est pas là, est peut être plus présent qu’on ne le croit…

Quand j’étais enfant, je faisais semblant de dormir pour entendre les secrets. Je me cachais dans le couloir pour regarder la télé, je souriais en silence pour qu’on me donne plus qu’aux enfants turbulents. Toujours à me démarquer, toujours à me faire plus discret pour qu’on me remarque. Aujourd’hui j’en fais toujours trop. Trop de sourires, trop de cris, trop de silences ou trop de mots… Je n’ai jamais su doser, toujours excessif et pourtant tellement de retenue. J’ai du mal à comprendre comment font les autres. Se soir je me trouve gros. Il parait que tout cela c’est dans ma tête, il parait que je suis bien, que je n’ai pas de soucis à me faire. Mais se soir je me trouve gros, alors je ne mange presque pas, je fais du sport et porterais du noir… Peut être que si demain tout va bien, je prendrais deux parts de tarte aux citrons ! Je n’ai jamais su trouver le juste milieu, jamais su réellement où me positionner, jamais su quelle était ma place. J’ai du mal à savoir comment font les autres. On me dit de rester vrai, d’être moi-même… je m’efforce de le faire, mais j’ai ce sentiment qui me dit que sans ces autres, je n’existe pas. Je me sens si adulte et pourtant je ne suis qu’un enfant. Je me sens si loin de tout et pourtant en plein au-dedans… La vie me semble si compliquée…
Se soir je me trouve gros, mais je me sens bien aussi… Peut être que le piano que j’écoute est plus joyeux que d’habitude, peut être suis-je lunatique et changeant… En bon cancer que je suis…
Demain matin, quand je me réveillerais, le soleil sera encore endormi. Alors je pourrais le voir rougir l’est et faire pâlir le bleu de la nuit. Peut être trouverais-je ça beau ! Ce qui me chagrine dans tout ça, c’est qu’en attendant, je ne sais toujours pas qui je suis, ce que je suis voué à faire, ce qui me fait penser que je dois faire quelque chose… Car parfois, oui je me sens fort, je me sens grand et important. Je me dis que tends la main aux étoiles et que ça personne ne le sait. Je me dis que j’ai donné le sourire à tant de monde, que j’ai cru et espérer tant de fois ! Toute cette énergie… Parfois je me dis que je suis ici pour ça, pour sourire et écouter, pour sourire et protéger… J’aime ça accompagner de loin les gens que j’aime, me cacher dans l’ombre en leur donnant tout ce que mon cœur peut contenir d’amour, et pourtant, parfois je me dis que je suis tellement insignifiant… Bien sur, je sais que c’est faux, mais voyez le monde, voyez les autres qui bourdonnent et avancent sans jamais baisser les yeux, sans jamais se retourner… Comment voulez vous ne jamais douter ?
Se soir je me trouve gros, mais j’ai bien envie de manger un bon repas que l’on aura préparé pour moi… Peut être que le piano joyeux ça donne faim…
Quand j’étais enfant on me disait que je serais grand, que je ferais de grandes choses, que j’aurais un pouvoir sur les gens et une chance fantastique. On m’abreuvait de rose et de jaune, de bleu et de vert. J’avais des étoiles et des cœurs, des voiles et des rubans, je riais souvent et puis un jour tout à changer, on a cessé de m’encourager, et j’ai cru que je ne n’étais pas celui qu’on attendait… Mais il faut que je me souvienne de tout ce qu’on me disait, du regard de ma mère qui encore aujourd’hui a plein d’amour dans les yeux pour moi, de la confiance qu’on me fait, de ces signes évidents qui croisent ma route… J’ai beaucoup de chance si on réfléchit bien, j’aime sourire et les gens me connaissent comme ça…. Se soir il fait bon vivre chez moi, il fait peut être un peu sombre sur les bords, un peu gros au niveau du ventre, et un peu fouillis dans les cheveux, mais il ya tant de belles choses qui se cache dans mes yeux… se soir, oublions le laid, oublions le passé et ces ongles crasseux… se soir, je suis mieux que les autres…

Parce que parfois on ferme les yeux. Parce qu’on tombe et qu’une fois en bas, on ne peut que se relever… Parce que celui qui s’allonge ne dort pas forcément, parce que tout ce qui brille n’est pas diamant, parce que je vais y penser autrement, y penser et avancer, parce que je veux pouvoir le dire un jour à maman, parce que des fleurs sur la tombe de ceux qui sont morts, parce que ceux qui sont gros ne le sont pas vraiment, parce que tout ce que parfois je mens et qui apporte tellement…

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