Miroir, miroir...
J’ai dit hier qu’il me fallait ouvrir les yeux. Mais dieux comme la lumière me fait mal, comme ces choses immaculées blessent et me rappelle combien je ne suis rien, rien que ce que je suis… Peut être n’est-il pas si bon de les ouvrir en grand, à trop regarder les soleils on en vient à se bruler les yeux, ces mêmes yeux qui nous condamnent à rester aveugle si nous les gardons clos… Je vis dans une bulle rose et bleue où le monde extérieur n’est un songe vaporeux, une bulle que les hommes savent frôler, que seuls les anges peuvent pénétrer… Je vie dans une bulle rose et bleu, mais quelque fois, ouvre les yeux…
Des fantômes, nous en avons tous, des moyens de nous en protéger, nous en cherchons parfois encore, de les tenir à distance il n’est pas toujours possible. J’ai fait une promesse un jour. Je ne sais plus s’il l’a entendue ou si seul le silence en aura été témoin, mais je l’ai faite, et je compte bien la tenir. Pourtant, j’ai peur de ne plus vouloir. Les gens que j’aime, je m’en éloigne, les gens que j’aime je m’en efface, et qu’importe si je change, si le temps et l’espace nous sépare, les gens que j’aime, je les aime et c’est immuable. Petit ourson sur mon bureau me regarde de ses yeux tristes, il sait que je n’ai jamais été aussi proche de son véritable maitre. Petit ourson gris sait qu’il ne m’obligera jamais à tenir ma promesse, que je me suis éloigné, que je me suis effacé, et pourtant…
Antoine est un garçon merveilleux que j’ai rencontré un soir d’hiver. Il y avait tant de rêves, tant de magie et de désespoir dans ses yeux… je n’ai pu que l’aimer et lui promettre de veiller à être toujours là pour lui s’il venait à me le demander. Mais aimer en secret et promettre en silence n’est rien, pas même du vent… Une pensée c’est si peu quand on y pense. Tant d’ardeur pourtant, tant de sincérité et de passion en moi, et dans tout ça, il ne me reste que cet ourson qui me regarde chaque jour, attendant le bon moment pour me montrer combien la réalité est dure… Aujourd’hui Antoine devient quelqu’un. Je ne sais plus rien de lui, ai-je seulement su quelque chose ? Les gens que j’aime, je m’en éloigne, aussi je n’apprends jamais à savoir qui ils sont, car je n’ai pas besoin de le savoir pour les aimer… Alors je les perds, et ils changent, et dans mon cœur ils restent pareils au jour où je les ai aimés. Qu’ai-je donc à leur offrir, de quoi parlerions-nous ? Je me sens si vide et inutile en leur présence… C’est un flagrant manque de confiance en moi, puisque je sais bien parler quand on ne me le demande pas, je sais être intéressant et bavard ! Pourtant, je devrais recroiser Antoine que je ne saurais lui dire bonjour… deux personnes dans mon cœur me font cet effet, deux anges plus anges que les autres… Fabien aux yeux de biches et Antoine… Le revoir sur internet hier soir m’a profondément perturbé… m’as-t-il vu lui ? Qu’importe, ne suis pas encore celui qu’il faut… te souviens-tu de ça Antoine ? Tu étais ma petite étoile, et j’aimais à t’encourager en secret… j’aurais aimé que tu le saches se soir Antoine, mon tendre fantôme, tu es toujours ma petite étoile, et dieu que ta lumière ne cesse de briller plus forte que les autres, OscarD est là sur mon bureau, il t’attend…
C’est étrange de voir comme une simple rencontre, même brève peut changer votre vie.
Je vais relire mon manuscrit, je vais corriger les passages trop logs et réécrire ce qui est mal écrit. Je vais le donner à lire à d’autres et je tiendrais compte des critiques. J’irais peut être un jour jusqu’à l’envoyer à une maison d’édition, mais je vais le relire parce qu’il n’y a pas de hasard, parce que c’est lui qui m’a donné envie de faire un blog, d’écrire et d’extérioriser tout ce qui blesse le rose et le bleu de ma bulle légère. Jamais je n’aurais son tallent, jamais je n’aurais sa sensibilité et l’émotion qu’il provoque, mais je continuerais parce que je ne suis qu’une mauvaise et pale copie, parce que je suis différent mais que je m’y retrouve un peu aussi… Hier soir, Laurent et Antoine sont devenus amis…
Je vis dans une bulle rose et bleue. Pour y entrer il ne faut pas grand-chose, un peu de magie dans les yeux, un peu d’océan dans le cœur, et tout un monde couvert de plaies. C’est le seul endroit où je me sens moi, où je me sens plein, où je suis serein. Des fantômes aux allures d’anges la traversent parfois sans jamais s’y arrêter vraiment… alors j’ouvre les yeux et vois combien le monde est loin de ma bulle rose et bleue. Sur mon bureau, un petit ourson gris attend. On me l’a donné il y a quelques années, depuis je l’aime et je crois qu’il le sait… Et toi ? Tu le sais que je serais toujours là si tu me le demandais ? Petite étoile dans mon cœur, parfois je te vois, parfois je te vois… mais toi ?