J'écoute : mais je ne dis rien
Je regarde : et baisse les yeux
Je lis : du début à la fin
Je joue : pour oublier un peu
Je mange : parce qu'il faut bien
Je bois : et je ne vais pas mieux
Je cite : des maux mais en vain
Je pense : à rajouter du bleu...
Je rêve : je rêve, et demain ?
(mis à jour dimanche 10 août 2008 à 11:44)

08/07/2008

08/07/08 - 19:56

Miroir, miroir 2...


Cela sonne juste, cela sonne bien. Blessant comme ces lames qui hier encore m’embrassaient les poignets. Cela sonne tellement vrai et tellement froid, chirurgical comme ces larmes qui hier encore tapissaient l’intérieur. Comme une douche chanson, une chanson déjà entendue que l’on écoute pourtant pour la première fois. Chaque mot, chaque virgule, tout est précisément à sa place. Qui décide de cette place ? Qui choisit ? Oui, à qui revient donc ce choix des places ? Dans l’histoire nous sommes tous un peu Dieu et homme à la fois…

Attendre, laisser passer le temps, sourire un peu moins, jouer un peu moins, être plus vrai, plus naturel. Tendre la main hors de l’eau et implorer des yeux qu’on vienne la saisir, qu’on vienne boire cette eau qui me noie. L’océan comme mon cœur, l’océan comme des pleurs, et tout comme lui, cacher son monde tout en restant vrai. Calme océan, calme océan où grouillent ces monstres aux dents mortelles, ces couleurs aux poisons efficaces, ces pièges et ces tempêtes, sa fureur et toute cette rage sous une surface plane et brillante. Comme il doit faire doux de plonger au-dedans… Comme il doit être affamé cet immense requin blanc… Et cette colère que l’on tait, cette colère toute enrobée de silence. Le silence comme une arme, comme une douleur, comme une attente, comme seule réponse, comme unique question, comme le résumé de tout. Parce que sous l’eau comme sur nous, le silence s’impose… Que dire ?
RIEN
Couper mes cheveux, comme une histoire que l’on arrête, tirer un trait sur une année sans coiffeur, tirer un trait sur une année de bonheur et changer de visage, devenir autre et regretter un peu les mèches qui se baladent encore derrière les oreilles. Recevoir cadeau idiot qui ne servira pas de si tôt, cadeau maladroit pour me dire que l’on pense à moi. Ne plus manger trop, ne plus parler autant, ne plus écrire qu’ici sans rien attendre en retour. Ecouter les autres vous blesser et penser à ces pansements que l’autre posait à chaque fois. Se dire que s’il avait été si sincère, que si j’avais été aussi grand et fort, aussi puissant et beau que l’océan, alors mes vagues auraient du le noyer ce pays, et pourtant… Ne pas savoir exactement quoi faire, dire oui, puis dire non, se croire et s’en vouloir. Faire du mal à l’autre ? Cela ne servirait à rien, cela ne me fait même pas envie, mais alors que faire qui pourrait changer ça ?
RIEN
Les griffes lacèrent toujours, les crocs arrachent et les poisons terrassent. Il n’y a pas d’échappatoire, il n’y a que des choix invisibles. Plus confiance, tellement bas, tellement rien, tellement envie d’abandonner tout ce que j’avais entrepris de faire. Tellement envie de me mettre en colère et tellement pas la force de le faire. A quoi bon ? Dans trois mois un autre viendra et repartira, dans deux ans je ferais le deuil d’aujourd’hui et après ?
RIEN
Alors se taire et sourire et si cela venait aux lèvres de quelqu’un de me demander ce qui ne va pas, alors je pourrais répondre avec sincérité…
RIEN…

J’aurais aimé…. Et puis c’est même pas la peine de continuer tout le monde s’en bat les couilles et on ne comprendra rien à ce que j’écris alors…

commentaires

08/07/08 - 22:00

1) On s'en bat pas les couilles. 2) On lit jusqu'au bout justement pour ça. 3) On ne comprend peut-être pas tout, mais on ressent quand même quelque chose de fort et de triste. et 4) D'autant plus fort et triste que soi même on a ressenti / qu'on ressent encore la même chose.
Merci pour ce texte. Bon courage à toi.

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