Miroir, miroir...
Marcher sur la plage, marcher longtemps en regardant l’horizon. Le bleu de l’eau où les vagues et le soleil feront croire à des diamants dansants, le bleu de l’eau cachant les poulpes aux yeux rouges, les sirènes et tous ces autres que j’aime à noyer. Noyer les hommes quand ils vous empêchent de respirer, les assassiner pour rester vivant, pour leur survivre, pour exister, pour faire savoir que nous avons existé avant d’accepter qu’il n’en reste plus rien. Marcher sur la plage sans jamais la toucher cette eau aussi salée que les larmes que l’on retient, marcher sur la plage et baisser les yeux, les baisser bas, très bas, et ne plus voir que le sable, le sable comme un immense désert, un désert où l’on erre, seul, perdu, condamné, triste et déçu de tout…
Attendre, car l’homme ne sait faire autre chose qu’attendre. Le moment viendra où ils se diront au revoir, où l’on oubliera d’arrêter de penser au passé, d’arrêter de penser à l’avenir, d’arrêter de penser tout simplement. Sentir comme l’océan tout entier au bord de mes yeux, sentir comme elles brulent les lacrymales, comme elles chatouillent et comme elles veulent sortir. Mais se taire, parce que le dire ne servirait à rien, alors l’écrire, quand bien même personne ne lira, quand bien même cela amusera, cela ne sera pas compris, cela fera jouir… Je commence à accepter car au fond, je ne suis pas plus seul, je ne suis pas plus libre, je ne suis pas différent, juste que l’avenir le sera, juste qu’il n’y aura plus de cette petite maison traditionnelle, de ces futons et autre fanta grape. Ne retenir que le meilleur et le garder, ne retenir que nous et le reste, l’oublier. Je ne suis pas de ceux qui oublient vite… Oh bien sur, je ne resterais pas seul bien longtemps, mais qu’il sache qu’il sera toujours là, toujours présent et toujours important. Qu’il sache que son image aura autant de mal à s’effacer que celle-là pour qui mes doigts auront encré ma peine en histoire d’homme divers et bossus. Qu’il sache qu’il aura été le premier, le premier avec qui j’imaginais une vie d’adulte, une vie de grand. Tant de choses à lui dire… Au fond, je ne le méritais pas, je suis trop égoïste et capricieux pour apprécier à sa juste valeur un aussi agréable garçon… enfin je crois… Je crois qu’il a pris la bonne décision. Ici il serait mort, il aurait étouffé, il aurait fini par être corrompu et il serait devenu si commun. Qu’il reste là-bas, qu’il m’achève et qu’il continue de rayonner. Le Japon est visiblement plus fort que Sélénérick ! Alors sourire, sourire toute la journée, rire même, et de bon cœur, mais garder quelques regards vides, quelques regards trop sérieux, trop profonds. Me dire que je joue bien la comédie, me dire que la vie c’est ça… Jouer la comédie, faire semblant devant les autres, et personne n’a rien remarqué. Alors pleurer au-dedans, pleurer d’être aussi insignifiant, d’être si peu important aux yeux des autres pour qu’ils ne puissent voir ma détresse. Toi tu l’aurais vu, je le sais… Mais toi tu n’es plus, nous le savons… Penser à la petite sirène… à sa langue que l’on coupe, à ses pieds que l’on blesse, et se demander… si, et si elle n’avait pas eu la force de suivre son prince, que se serait-il passé ? Et si elle avait eut le courage de tuer celui qu’elle aimait pour rester en vie ? J’aurais aimé avoir eu son courage et te suivre, quand à ce qui concerne ton meurtre, je vais y réfléchir… Tout cela est encore un peu flou pour moi… Tout cela est un peu dur a avaler même si encore une fois, je ne suis pas plus seul, pas plus libre… Je viendrais te voir encore, je viendrais dans ce pays que j’aime tant, je profiterais de toi pour revenir le voir ce merveilleux pays, et quand bien même tout sera fini… Juste prendre sur moi le temps nécessaire et tourner la page…
Marcher sur cette plage où j’ai aimé regarder les enfants chercher dans le sable des coquillages, marcher sur cette plage où j’aurais des larmes à verser… Mais que sont des larmes face à la mer ? Et puis je ne suis pas de ceux qui pleurent, je ne suis pas de ceux qui se lamente, du moins pas dans la vie, pas aux yeux de tous… Je marcherai dans mon désert, je marcherais en passant les restes calcinés de mon cœur et il refleurira, sois-en sur, il refleurira. Le temps est un ami et j’en ai tellement devant moi…
08/07/08 - 00:46
Joon sur les photos de la Montre Ta Gueule sur le blog de Pyram il a les yeux rouges, il est un poulpe ?
jeanfrancois