Miroir, miroir...
Des fois j’arrête, des fois j’ouvre les yeux et je me dis que ce n’est pas normal. Des fois ça fait comme un creux dans la vague, un creux dans mon cœur, quelque chose en moins, quelque chose d’absent. Parfois je suis sur mon canapé et j’arrête de faire semblant, alors je pense à lui, alors il me manque…
C’est comme si c’était le début. Au début c’est toujours beau et mignon, il n’y a pas de nuages, il n’y a pas de douleurs, il n’y a que de l’amour. Et puis je me rends compte que ça fait plus d’un an. Un an et tellement de mois où il est allé travailler là-bas… La notion de temps et d’éloignement sont des concepts que j’ai toujours eu du mal à assimiler, ainsi le manque qui en découle généralement m’est absent, pourtant… Des fois j’arrête, des fois j’ouvre les yeux et je me dis que ce n’est pas normal. Alors je pense à lui, je nous imagine, je nous vois, moi et lui et je ne me reconnais pas, je ne le reconnais pas… C’est assez difficile d’expliquer ce que je ressens dans ces moments, un grand vide, de la mélancolie peut être, des regrets ou tout simplement le manque, en tout cas, c’est lourd, c’est vide et ça rends triste…
Je me dis que je ne le connais pas et pourtant je sais que c’est faux, je sais que la situation ne pourra durer éternellement, et pourtant je sais que je saurai être assez fort tenir bon. Il arrive toujours à me faire sourire, à me faire plaisir, à réaliser mes rêves et à m’encourager quand j’en ai besoin. Il me rend beau et fort, il me rend intelligent et cultivé, il me fait comme je voudrais être et il me trouve toutes ces qualités que j’envie aux autres… Ce matin encore, à l’autre bout du monde il m’a envoyé une petite boite couleur bois où un petit lapin se cache, ce matin encore il me fait sourire…
Ne pas trop savoir comment lui dire, comment m’excuser de m’en prendre à lui, de l’écraser quand je suis en colère, de me moquer de lui parfois, de regarder d’autres moins beaux que lui, de ne pas être aussi présent qu’il le voudrait, de ne pas envoyer de chocolats… Ne pas trop savoir comment le garder, ou comment ne pas le perdre… Alors ouvrir les yeux et se dire que parfois il y a ce creux dans la vague, ce creux dans le cœur. Tu sais, parfois je suis sur mon canapé, parfois je ne te parle pas parce que tu dors et qu’importera la puissance de mon cri, il n’arrivera pas à te sortir de tes rêves, parfois je n’écris pas par pudeur, parfois j’écris ici parce que ça soulage, parce que c’est mieux que de le confier au vent… Alors j’arrête de faire semblant, je pense à toi et tu me manques…
Juste que parfois j’arrête tout et tu n’es pas là… Alors je fais comme je te dis, penser à ces mots doux, à tes dessins de sirènes, à cette bouteille dans le placard a verres, à ces voyages, à ta mauvaise fois, à tes cheveux, à tes yeux, à cette façon que tu as de prendre soin de moi quand je tousse, à tout ce qui fait que je t’aime… Alors tu me manques encore, mais ça va mieux…