Miroir, miroir...
Parce qu’il semble que cela s’impose parce qu’ici n’est pas plus mal qu’ailleurs, parce que peu importe l’endroit en fait… Se retourner, et voir s’il faut sourire ou verser une larme. Se retourner, mais ne pas vraiment savoir que faire. Faut-il seulement faire quelque chose, faut-il seulement l’écrire ? Pourquoi maintenant et se soir ? Pourquoi est-ce si obligatoire ? Au fond, on s’en fiche…
Une enfance houleuse, un noël en souvenir, une main sur un visage qui pleure, des bougies dans l’arbre, une porte, le froid, un avion, et une île au bout du tunnel. Comme un paradis, un paradis d’enfer où ma préadolescence sera tachée de ce sang qu’on ne nettoie pas, de celui qui ne s’en va pas, de celui qui forge les hommes et les rends plus faibles, ou plus forts. Regarder vers hier et ne voir que des fleurs mauves danser et tourbillonner en se jetant du ciel au sol sous mes yeux rieurs. Ne voir que les abeilles me regarder dans le cœur de leur dard plein de ce venin qui blesse plus qu’il ne tue. Petit bouton d’on ne sait quoi. Regarder vers cette île où derrières mes lunettes et mes cheveux gominés, j’aspirer à embrasser plus tendrement que les autres cette Mort qui me plaisait tant. Comme je l’ai aimé la caresse du rasoir le long de ma veine gauche lorsque ma main l’obligeait à se frotter contre moi. Me souvenir d’Edouard, de Laurent et de Yann… Ces trois garçons qui n’avaient d’yeux que pour elles et pour qui je souhaitais mourir de ne pas les vouloir ces elles qu’ils embrassaient à ma place… Me souvenir de la piscine et du reste, des dessins que je retrouve hier et où je revois toute cette détresse dont seuls sont capables les adolescents meurtris. Revoir le lycée et mes secrets, mes sourires enfin… les lettres et les présents lors de mon départ. Revoir la vie, la vie de grand, la vie d’adulte, mon père encore loin, les ennuis bientôt là… Revoir mon déménagement, mes années de séquestration, car c’est le seul mot qui me vient à l’esprit. Revoir ma première fois, mon premier baiser à 21 ans, ma première fois quelques jours après, mon premier homme, mes abeilles loin derrière, la rose qui s’éveille… la colère dans ses yeux, le nom de ma grand-mère, celui de ma mère… Une famille sur le dos, une porte qui vous recrache, un silence qui vous blesse… Partir et recommencer, abandonner et se perdre en chemin. Et ce sourire ? Où est-il donc passé ?
Repenser à Rodolphe, David, Cédric, Damien, Mickael, Morgan, Matthieu, Morgan, Fabien, Giuliano… Julien…
Regarder des images animées qui rêvent une vie meilleures, lire des mots sur une page noire, regarder vers hier et se tourner vers demain… Et dans tout ça ? J’ai changé… mais je voudrais encore changer… Je voudrais le faire sourire et sourire avec lui. Je voudrais dessiner et écrire, chanter et prendre le soleil. Je veux marcher la nuit et me dire que jamais je ne mourrais que lorsque je ne l’aurais vraiment décider. Parler comme je le souhaite, inventer mes phrases et mes mots, penser à ceux que j’aime sans leur donner de nouvelles, m’excuser car je fais ça bien, manger et me foutre de ce qu’on pensera, travailler juste pour avoir de l’argent, pas pour la gloire, pas pour frimer. Ne pas dire que je suis heureux, ne pas dire que je ne le serais jamais vraiment tant que je me tairais. Ecouter la sirène chanter, penser à essayer d’éditer, me dire que demain sera comme hier. Me dire que ce n’est pas un adieu, faire des cauchemars, soupirer, mais soupirer moins. Partir au Japon. Comme si j’avais perdu mon temps, comme si tout n’était que regrets et remords, mais qui suis-je pour oser me plaindre ? J’ai eu et j’ai encore tellement de chance… Je suis tellement capricieux et tellement avide de ce que je n’ai pas… Alain, il y a tellement de choses que tu n’as pas et que tu ne possèderas jamais, il faudrait peut être arrêter là les frais non ? Il le faudrait… Mais si je regarde derrière qu’est-ce que je fais ? Je souris ? Je pleure ?
Parce qu’il semble que cela s’impose, j’aurais aimé le faire sur mon véritable blog. Cependant, je ne souffre plus autant qu’avant, et cette note n’est pas si négative. Si je regarde derrière, je souris. Le cœur est gros, le cœur est lourd, mais ce n’est pas de la tristesse, c’est juste un peu de mélancolie, juste un peu de moi qu’il faudrait partager un jour… J’ai un toit, de l’argent, des amis, une famille, un travail, des plaisirs, un amour… alors je n’ai pas le droit de me plaindre. Demain je ne ferais pas de crêpes, et comme hier je sourirais, mais ça, au fond, on s’en fiche…
23/06/08 - 23:02
...no comment
jeanfrancois