06/08/2008Miroir, miroir...
Tourner encore et encore. Tomber aussi bas que la chute me le permettra et saisir les branches qui sauront me retenir. Tourner et ne pas arriver à faire le point, ne pas arriver à avancer. Fermer les yeux de fatigue et finir par mourir mon éveil dans un sommeil sans rêve, sans saveur, sans ombres et sans lumières. Juste dormir de ce sommeil éternel qui emporte les princesses aux lèvres des princes charmants… Dormir, et passer un nouveau jour…
Se lever tôt, passer à gare de Lyon, manger un morceau et passer l’après midi avec ceux là qui sont des amis. Recevoir cadeau, recevoir sourire et regards tendres. Sourire et rire, passer un moment chaud et doux comme l’été. Ne plus penser à toi, ne plus penser à nous, ne plus maudire ce dessin d’hier soir, ce bleu que j’ai eu du mal à faire partir de mes doigts. Marcher, parler de chance, parler de ma chance, marcher et sourire encore et oublier…
C’est qu’il y avait beaucoup de monde tout autour de moi, c’est que la place était noire et bruyante, c’est que je n’aurais jamais pu le voir dans toute cette ombre mouvante, et pourtant… et pourtant ses yeux verts derrière ses lunettes de soleil à quelques mètres devant moi. Sentir la peur, la peur panique, la peur profonde et primale remonter le long du cœur pour se loger dans les yeux et dans tout le reste du corps. A quelques pas devant moi la pieuvre ou la sirène… Le démon, le monstre qui me dévorait encore hier. J’ai baissé la tête et presser le pas en demandant à mes amis de me suivre sans me poser de questions. Des mois, des années sans te voir et entre tant d’inconnu juste ton visage m’est apparut… Remuer les souvenir, remuer le mal être qui bouillonne déjà, remuer toutes les plaies et jouer dedans pour les faire saigner à nouveau…
Pourtant…
J’aurais bien voulu avoir de tes nouvelles, je t’aurais bien fait un sourire, je t’aurais bien dit que moi ça allait bien malgré tout… A bien y réfléchir, je n’ai plus autant peur de toi, je me sens mal à l’aise, je me sens toujours plus petit que toi, mais je n’ai plus aussi peur… Après, l’on comprendra que je ne souhaite pas revoir celui-là que j’aurais aimé alors que celui-là que j’aime est en train de me quitter… J’ai pourtant été heureux de te revoir, tu semble aller bien, tu ne m’as pas reconnu je crois, il faut dire que j’ai changé de style… Tu vois, j’ai grandit, je suis encore plus fort, c’est positif… Mais si se soir je me mets à sourire alors qu’hier soir je pleurais, une question me vient… Ces sautes d’humeurs ne sont pas saines… je dois aller mal, plus mal que je ne veux bien me l’avouer…
Je voudrais remercier Rémy et Sylvain… Des mots après lectures de mon blog pour l’un, des mots après m’avoir regardé pour l’autre… ces vacances sont loin d’êtres les plus belles de ma vie… Certes Paris, Tokyo, mais comme je tombe, comme je tourne en rond, comme je ne me mets pas en valeur, comme mon miroir ne me dit pas que je suis le plus beau du royaume… Je vais mourir et renaitre, car je sais le faire… je vais changer ça, je vais dormir, et demain sera un autre jour…
Miroir, miroir...
Alors on essaie de panser les plaies. Panser avec ce qu’on trouve, ce que l’on a sous la main. Parfois avec juste un sourire et une impression de pas grand-chose. Penser aussi, à tout recommencer, a mieux faire, à ne plus faire aussi… Parce que ce n’est pas seulement toi, c’est aussi moi et la vie et tout le reste qu’on n’oublie pas mais qu’on ne nomme pas, parce que nommer les choses c’est leur donner plus de force, c’est faire exister ce que l’on occulte…
Se soir j’ai les doigts bleus, reste de couleur que j’aurais voulu étaler sur une grande feuille. Se soir j’ai pris un crayon et fait un très joli dessin. J’ai voulu y mettre du rose, du rouge et beaucoup de bleu et j’ai fini par tout déchirer sous un coup de colère. J’ai passé quatre heures à faire quelque chose et au bout de ces quatre longues heures j’ai tout détruits en quelques secondes. Je suis nul… je sais… on me dit que non, mais moi je sais que c’est vrai !
J’ai les dents serrées, mon ventre me fait terriblement mal, ma tête aussi et j’ai envie de frapper tout ce qui boue ou ne bouge pas. Je transpire et j’ai le souffle court. J’ai envie de vomir et de pleurer aussi, je me sens petit, petit si petit… Je n’ai plus confiance, je n’ai plus envie d’écrire de rire et de chanter. Ces angoissent que j’ai chassé me reviennent se soir et demain elles seront toujours là et il m’en faudra toujours plus toujours plus… Je crois que je suis malade… Comme plus envie de te voir, comme plus confiance en toi, comme plus envie de rien…
Je ne sers à rien, je ne suis rien, et ça on ne me fera pas croire le contraire !
Je suis gentil, je suis mignon, intelligent, doué, en bonne santé, aimé, entouré…
Ouai… alors c’est quoi le problème ?
Pourquoi je m’énerve pour rien ? Pourquoi on s’éloigne toujours de moi ? Pourquoi on ne comprend jamais ce que je veux dire ? Pourquoi je me sens si mal, si nul, si gros, si petit, si moche, si rien ?
J’vais arrêter de me plaindre… c’est vrai quoi… j’rigole tout le temps, je voyage et tout va bien merde !
Tu vas lire ça peut être… oh surement même… tu vois, se soir je pleure, se soir j’voudrais ces putains d’cachets mais je vais pas les prendre parce que je veux être plus fort que ça ! J’vais refaire mon dessin, j’vais me le faire tout seul mon itinéraire, et puis mes vacances elles seront belles quand même, et puis après je vais nous mettre de coté et peut être que je referais ma vie… ou peut être que je resterais seul parce que j’ai plus confiance, plus la force, plus le courage, plus l’envie, plus…
Tu vois, se soir je pleure, peut être pas comme toi, peut être pas en tremblant, mais je pleure quand même…
Alors on essaie de panser les plaies. Panser avec ce qu’on trouve, ce que l’on a sous la main. Parfois avec juste un sourire et une impression de pas grand-chose. Penser aussi, à tout recommencer, a mieux faire, à ne plus faire aussi… Parce que ce n’est pas seulement toi, c’est aussi moi et la vie et tout le reste qu’on n’oublie pas mais qu’on ne nomme pas, parce que nommer les choses c’est leur donner plus de force, c’est faire exister ce que l’on occulte… parce que tout recommence…
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