13/07/2008Miroir, miroir...
L’océan. Je n’en ai jamais vraiment profité. J’ai grandi dans une ile, de ma chambre je pouvais l’apercevoir, il me suffisait de marcher un peu pour l’entendre, et le toucher n’aurait jamais posé un problème. Mais, avez-vous remarqué que les choses que l’on aime le plus et qui nous sont essentielles nous manquent cruellement que lorsque l’on en est dépossédé ? C’est ce qui s’est passé avec mon océan quand j’ai quitté mon île. Mais les choses essentielles nous reviennent toujours. Je n’ai pas perdu l’océan, et l’océan ne m’a pas perdu.
IL y a ce que je crois et ce qui est. Il y a ce que les autres pensent et ce que qui est. Il y a ce que je vois et ce qui est. Il y a ce que tu dis et ce que tu fais… Comme un océan de mensonge, comme une immensité de doutes et une infinie quiétude en moi. Nous sommes tous un peu comme lui. Une surface calme ou démontée, une surface sombre ou argentée, translucide aux trésors chatoyants, opaques aux dangers menaçants. Autant de phases que de comportements, autant de facettes que de vagues… Est-ce moi qui suis d’un autre monde, est-ce moi où est-ce le monde qui n’est pas comme il le devrait ? Se soir j’ai de la peine, cela va faire sept jours, sept longs jours. Il est tant d’en faire le bilan. Des choses se sont passées, d’autres n’ont pas changées. J’aurais voulu être en position de force, j’aurais aimé exiger certaines choses, j’aurais voulu tenir certaines promesses, j’aurais souhaité ne pas en arriver à ce point, mais on ne choisit pas toujours… Pourtant, il me semble, dans mon souvenir, que l’on me soutenait le contraire. Cela voudrait-il dire que j’ai le choix ? Je suis de ceux que l’on écrase, je suis de ceux qui courbent l’échine et baissent les yeux. Je suis de cette race de perdant qui finit par gagner. Je suis un idiot, mais je l’assume pleinement. Se soir je suis un peu déçu, déçu de ce qui arrive, de ce qui va arriver, de ce qui est déjà arrivé… Je n’ai pas de grand regret, car j’ai pour principe d’essayer le plus possible de ne pas regretter, mais je suis déçu…
Je n’ai pas encore toutes les clés pour ouvrir les portes qui bloquent ma route, je n’ai pas les réponses à mon unique question, je n’ai pas encore le droit de m’endormir calmement sans penser à me réveiller demain. Je ne suis pas encore celui que je voudrais être, je n’ai pas encore ce que je souhaite avoir, je n’ai pas encore dit aux gens que j’aime combien ils comptent pour moi. Je n’ai pas affronté tous mes démons, je n’ai pas affronté ma médiocrité et j’ai encore peur de pas mal de choses. Je ne suis pas parfait et encore une fois je n’ai pas ma place dans ce monde, pourtant je m’y sens étrangement bien, et j’aime à faire confiance à ceux là qui me trahissent et à qui j’offre mon amour. Se soir je suis plus serein, plus posé et plus calme. Je connais quelqu’un qui sourirait de savoir comment cette quiétude m’est arrivée. Je connais quelqu’un qui ne le saura jamais, et je m’aperçois qu’il y a quelqu’un que je ne connais pas. Un océan de vide tout autour, océan de solitude et de paix. Quand le ballon est trop lourd, il faut lâcher du leste, en général du sable, de simples grains de sable comme une plage au bord de l’océan, alors le ballon plus léger peut enfin s’élever et atteindre des cieux plus bleus et voir comme le monde au dessous est petit….
Il y a ce dont on se souvient et les choses que l’on répète. Il ya ce que j’écris et que je suis seul à comprendre. Il y a ce que veulent lire certain et ce que j’ai voulu dire. Je suis bien conscient que n’importe qui peut lire ces mots, je suis bien conscient que personne ne les comprendras jamais mieux que moi, mais cela soulage quand même, bien que se soir je me sente merveilleusement bien. Je pardonne tant de choses, et on m’en pardonne tellement peu. Un jour peut être je vous raconterais des secrets, vous savez, de ces choses que l’on ne doit pas révéler. En attendant, je brouille les pistes…
L’océan. Je n’en ai jamais vraiment profité. L’embrun, les lames, le chant de ses sirènes. Tant de douceurs et de violences à la fois. Je dois être comme cela, nous devons tous être comme cela. Je serais un grand océan aux abysses pleins de monstres oubliés, aux trésors prêt à être déterrés, aux ressources inespérées. Oui je dois être un grand océan calme, mais gare au vent qui trouble mon onde sage. Mes vagues peuvent caresser comme détruire des vaisseaux entiers, car je suis un grand océan, et mon calme n’est qu’apparent…
11/07/2008Miroir, miroir...
Lorsque l’on s’apprête à quitter une personne que l’on aime, le cœur saigne et la voix tremble autant que les mains. Le voir, lui parler, lui écrire et le seul fait de penser à lui vous plonge dans un abîme où la lumière à du mal à vous atteindre. Rien n’est plus comme avant, et quand bien même les choses se passent bien, on ne peut ignorer cette douleur qui pointe ses doigts maigres et acérés. On ne peut faire comme si on ne sentait pas la pression de ses ongles déchirer les chairs pour creuser l’intérieur devenu aussi vide qu’une tombe qu’il faudra remplir de nos restes. Ce qui me blesse, ce que je ne comprends pas, c’est cette faculté extraordinaire qu’il a de m’envoyer des mails tout à fait normaux. A peine un remords, à peine de la peine, juste des mots, presque froids, pour expliquer telle ou telle chose, pour me raconter tel ou tel fait, mais rien, rien pour me dire qu’il fait mal dedans, qu’il fait froid et qu’il se meurt ce qu’il reste de joie. Comme l’impression que tout meurt avant même que nous nous soyons revus une dernière fois. Il me dit qu’il m’aime, qu’il s’arrache le cœur, je le crois, mais il ne m’a tellement pas habitué à garder autant sa douleur… C’est peut être une bonne punition pour avoir fait mon égoïste par le passé… Comme elles m’angoissent ces vacances avec lui, comme je ne sais pas quelle sera ma réaction. Comme il a pris tellement de place dans ma vie malgré son absence !
Personne à qui en parler, pas envie d’en parler de toute façon. En parler pour dire quoi ? Rien que je ne sache déjà. Pas envie de le voir sur msn, pas envie de savoir qu’il vit ailleurs et déjà sans moi. La suite ? Et bien on finira sans doute par se perdre de vue… c’est triste tout ça quand même, c’est tellement triste ! Je sais bien qu’après lui je serais encore plus fort et qu’un autre me fera aimer encore plus, je m’efforce de le croire tout du moins. J’avoue avoir pourtant peur de ne jamais trouver quelqu’un m’apportant autant de choses…
Le ciel est si gris sur Paris aujourd’hui, je suis presque en retard, je n’ai pas repassé mon t-shirt, je ne suis pas encore totalement habillé, je ne me coifferais pas, après tout le travail ce n’est pas grand-chose, et puis personne ne le remarquera alors… M’abrutir de sourire et de « bonjour monsieur », travailler pour deux puisque les vendredis c’est toujours infernal, travailler et rentrer épuiser avec le crane douloureux. Manger un peu et écrire, oui essayer d’écrire se soir pour ne pas perdre l’habitude de faire de jolies phrases pour les autres alors que l’on en a pas envie. Ne pas penser à lui, me coucher tard et ne pas lui parler, ne pas le regarder, ne pas lui offrir ce spectacle, ne pas lui montrer mes yeux rouge et mon sourire effacé. Rester dans son souvenir comme le beau garçon que j’étais dans le bleu de ses yeux, rester la lumière, rester comme il fait bon me voir. Déjà le onze…
10/07/2008Miroir, miroir...
Alors me revoilà presque au même point. C’est terrible ce sentiment de gâchis qui hante le cœur. C’est terrible de voir l’étonnement des autres, leur pitié, leur façon d’être gentil pour ne pas blesser. S’ils savaient, s’ils savaient que se sont ces yeux là qui me blessent. Sourire pour eux, sourire pour lui, sourire pour moi aussi, parce qu’elles sont de ces décisions irrévocables, parce que pleurer ne sert à rien, parce que je ne sais plus comment pleurer, parce que nos adieux m’angoissent, parce que bientôt je serais encore plus seul…
S’occuper, faire à manger et manger. Pas apprécier, juste manger pour vivre, pour faire comme si, pour avoir des forces. Faire la vaisselle et ranger l’appartement. Faire plus qu’il n’en faut, ne pas rester en place et pourtant ne pas vouloir bouger. Long weekend en perspective. Long weekend seul chez moi à ne rien faire, parce que je n’ai pas le cœur, pas l’énergie, parce que je serais une gène en ce moment. Pas envie d’expliquer à tout le monde, pas envie qu’on me dise que c’était inévitable, qu’on me l’avait bien dit, que ça passera… Pas envie de les voir rire au-dedans ces autres qui nous auront tant jalousé sans jamais le dire.
J’avais encore tellement de choses à partager avec toi, tellement d’endroit à visiter, tellement de ces espaces que tu aimes tant. Je me sens si vide. Plus jamais je ne pourrais demander où tu étais et avec qui. Plus jamais je ne jouerais au jaloux, plus jamais je n’insulterais Karine, plus jamais je me dirais que tu es fidèle et que j’ai de la chance de le savoir. Plus jamais je n’aurais ton visage contre mon torse, ton odeur contre ma peau. Plus jamais me moquer de tes cheveux que j’aime tellement, plus jamais tes yeux bleus, plus jamais ta façon de parler, ton ventre et tes fesses, tes baiser et tout le reste. Plus jamais ce regard sur le monde, cette façon si fraiche et pourtant si mature, plus jamais cette confiance aveugle, plus jamais de toi, plus jamais de nous, plus jamais de sourire en pensant à toi. Comme il faisait chaud de penser que tu étais là quelque part à m’attendre, comme il faisait bon de te demander comment se disait tel ou tel mot en japonais…
J’ai tellement envie de tout lâcher. Je me sens comme un pantin, vide d’âme, vide de vie. Comme retenus par des fils invisibles me dictant de continuer à bouger. Comme prisonnier de moi-même, comme simple enveloppe qu’une main divine plus humaine s’amuserait à garder debout alors que je ne demande qu’à retomber en inerte poupée de bois. A coup sur petit garçon jamais ne deviendra ! Les fées bleues tu les auras dévorés…
Ecrire ici, même si l’exercice m’est de plus en plus difficile. Je pense que ma façon de construire mes notes est moins structurée et moins belle, mais peut être plus vrai… Ecrire parce que tu m’encourageais à le faire, parce que tu sais que j’ai besoin de ça pour continuer, parce que j’aurais tellement aimé qu’on le lise… Ecrire ce que je ressens, même si je n’arrive plus à le retranscrire correctement… Ecrire pour que l’on sache, pour que je me souvienne qu’un jour je t’ai aimé, et que ce même jour, je t’ai perdu…
Et me revoilà au même point. Avec peut être une note un peu plus positive. J’ai passé des moments merveilleux, j’ai fait des choses extraordinaires, tu as réalisé des rêves que je croyais perdus, et si l’on se quitte, ce n’est pas que l’amour n’est plus là, mais qu’au contraire il est trop présent… Tu m’as rendu heureux, et ce n’était pas facile… Rien que pour ça je me dois d’accepter ta décision, rien que pour ça je dois honorer ma promesse… Mais avant que tout soit fini, écrire et écrire encore jusqu’au dernier instant, parce que le monde doit savoir comme je t’aime et comme je t’aurai aimé…
09/07/2008Miroir, miroir...
Lire ses mots. Ces mots qui brulent, noircissent et consument l’âme jusqu’à ce qu’il ne reste d’elle que des cendres où jamais Phoenix ne renaitra. Lire ses mots. Ces mots qui rappellent combien les choses sont fragiles et peuvent se briser à tout moment sans que jamais l’on ne puisse les réparer. Lire ses mots. Ces mots que je finirais par oublier, comme tout ce qui fait que je suis en train de souffrir de le perdre. Mais je ne le perds pas vraiment, et c’est sans doute cela qui blesse le plus, au fond, il est toujours à moi…
Comment faire bonne figure ? Comment faire comme si de rien n’était alors que tout va mal ? Parfois j’ai du mal à le comprendre. Ses mots me semblent si froid, si froids… j’ai beau lire et relire, je ne trouve pas l’émotion, je ne trouve pas la plaie qui les aura engendrés. Je dois être anesthésié par ce qui arrive. Alors dans ce cas, je ne devrais pas souffrir… Il me demande d’accepter. Comment accepter une décision que l’on ne comprend pas ? Pourquoi ce qu’il me dit me semble si dur a avaler ? Le revoir comme si de rien était, se dire au revoir et à jamais… Serais-je assez fort pour supporter ça ?
Crise. Le cœur qui s’emballe, les sueurs froides, les tremblements et cette terreur incompréhensible qui étreint le cœur… Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu de crise d’angoisse. Ce n’en était pas une très grosse, juste une toute petite, l’espace de quelques secondes, mais je les connais bien ces instants où le monde nous échappe… Se contrôler, prendre sur soi, sourire et accueillir le client suivant. Faire des erreurs, plus que d’habitude, rire pour faire passer, rire pour que personne ne voie la détresse. Rire, mais rire combien de temps comme ça encore ? Trois jours et déjà tant d’eau à verser derrière mes yeux…
Ecouter des chansons joyeuses, faire de l’anglais, regarder des émissions légères, faire un peu de sport, aller chez le docteur, penser à faire d’autres projets, penser à lui faire plaisir en ne m’autodétruisant pas… C’est étrange le cœur, il était si loin de moi et ne me manquait jamais, et maintenant qu’il l’est tout autant, il me manque plus que jamais. Histoire de fierté, de propriété ? J’aurais tellement aimé parler cette langue qui m’empêche de le rejoindre…
Je ne sais plus comment écrire, je ne sais plus si les phrases ont un sens… j’ai trop de mots qui viennent, trop d’images, trop de regrets… Il le sait que je l’aime, il le sait que je regrette mes erreurs, ma façon de parler et tout ce que l’on peut me reprocher. Il le sait que je ferais tout pour qu’il reste, et malgré ça il part. Je lui en veux tellement, et pourtant je suis si fier et si heureux pour lui. Je sais que l’on dit ça à chaque histoire qui se termine, mais je ne veux pas… j’arrête là, les mots ne viennent plus comme ils devraient… pardon…
08/07/2008Miroir, miroir 2...
Cela sonne juste, cela sonne bien. Blessant comme ces lames qui hier encore m’embrassaient les poignets. Cela sonne tellement vrai et tellement froid, chirurgical comme ces larmes qui hier encore tapissaient l’intérieur. Comme une douche chanson, une chanson déjà entendue que l’on écoute pourtant pour la première fois. Chaque mot, chaque virgule, tout est précisément à sa place. Qui décide de cette place ? Qui choisit ? Oui, à qui revient donc ce choix des places ? Dans l’histoire nous sommes tous un peu Dieu et homme à la fois…
Attendre, laisser passer le temps, sourire un peu moins, jouer un peu moins, être plus vrai, plus naturel. Tendre la main hors de l’eau et implorer des yeux qu’on vienne la saisir, qu’on vienne boire cette eau qui me noie. L’océan comme mon cœur, l’océan comme des pleurs, et tout comme lui, cacher son monde tout en restant vrai. Calme océan, calme océan où grouillent ces monstres aux dents mortelles, ces couleurs aux poisons efficaces, ces pièges et ces tempêtes, sa fureur et toute cette rage sous une surface plane et brillante. Comme il doit faire doux de plonger au-dedans… Comme il doit être affamé cet immense requin blanc… Et cette colère que l’on tait, cette colère toute enrobée de silence. Le silence comme une arme, comme une douleur, comme une attente, comme seule réponse, comme unique question, comme le résumé de tout. Parce que sous l’eau comme sur nous, le silence s’impose… Que dire ?
RIEN
Couper mes cheveux, comme une histoire que l’on arrête, tirer un trait sur une année sans coiffeur, tirer un trait sur une année de bonheur et changer de visage, devenir autre et regretter un peu les mèches qui se baladent encore derrière les oreilles. Recevoir cadeau idiot qui ne servira pas de si tôt, cadeau maladroit pour me dire que l’on pense à moi. Ne plus manger trop, ne plus parler autant, ne plus écrire qu’ici sans rien attendre en retour. Ecouter les autres vous blesser et penser à ces pansements que l’autre posait à chaque fois. Se dire que s’il avait été si sincère, que si j’avais été aussi grand et fort, aussi puissant et beau que l’océan, alors mes vagues auraient du le noyer ce pays, et pourtant… Ne pas savoir exactement quoi faire, dire oui, puis dire non, se croire et s’en vouloir. Faire du mal à l’autre ? Cela ne servirait à rien, cela ne me fait même pas envie, mais alors que faire qui pourrait changer ça ?
RIEN
Les griffes lacèrent toujours, les crocs arrachent et les poisons terrassent. Il n’y a pas d’échappatoire, il n’y a que des choix invisibles. Plus confiance, tellement bas, tellement rien, tellement envie d’abandonner tout ce que j’avais entrepris de faire. Tellement envie de me mettre en colère et tellement pas la force de le faire. A quoi bon ? Dans trois mois un autre viendra et repartira, dans deux ans je ferais le deuil d’aujourd’hui et après ?
RIEN
Alors se taire et sourire et si cela venait aux lèvres de quelqu’un de me demander ce qui ne va pas, alors je pourrais répondre avec sincérité…
RIEN…
J’aurais aimé…. Et puis c’est même pas la peine de continuer tout le monde s’en bat les couilles et on ne comprendra rien à ce que j’écris alors…
Miroir, miroir...
Ses yeux pour miroir, j’aurais aimé lui demandé qui était le plus beau. J’aurais aimé l’entendre me dire qu’il m’aimait et lui demander encore de me le répéter jusqu’à ce que je m’endorme sur ces mots tendres et réconfortants. Oh je pourrais toujours le questionner comme la reine au fin fond de son palais, je pourrais lui imposer de me l’avouer qu’il s’exécuterait… Mais quelque chose à changer, et lorsque les miroirs se brisent, on n’aime plus à s’y contempler. Gage de malheur, d’années de malchance, comment faire alors pour vivre sans ce futile et putride reflet de la vanité humaine ?
Un jour vous buvez confiance, vous buvez ses paroles ambrosiaques, vous vous saouler à ces mots tendres qu’il vous murmure qu’il vous renvoie, et puis tout se termine, il se tait, et il aura beau vous dire des mots plus tendres encore que vous n’arriverez à les entendre comme vous les avez entendus auparavant. Comme si la sincérité s’était envolée, comme si la perspective de la fin faisait fondre l’honnêteté de ses mots, comme si ses sentiments étaient faux, que tout cela n’était qu’une grande escroquerie, une mascarade, une farce donc vous seriez le dindon… Les miroirs ne mentent pas, les yeux non plus, alors pourquoi on arrive à se trouver laid aujourd’hui alors qu’hier nous étions beau ? Quelque chose s’est brisée en moi, comme plus la force d’y croire, comme plus envie de faire l’effort de croire, comme mes bras tombant le long de moi pour ne plus porter quoi que se soit… Me dire qu’il ne mérite pas mon attitude, me dire qu’il a raison, me dire que c’est différent et puis me dire qu’il a quand même raison, comme toujours… Trouver ça énervant, lui en vouloir, mais ne rien faire, ne rien dire. Juste regarder son nom sur un écran en se disant qu’à l’autre bout du monde il a chaud, il se sent mal et que moi j’ai si froid… Ne plus compter les jours, en arriver à vouloir qu’il n’arrive jamais cet instant où nos yeux se recroiseront. Angoisse et panique à les voir défiler ses chiffres qui nous montre qu’il s’en va mourir l’été, qu’elle s’en va mourir notre relation… Ne pas savoir quoi lui dire, ne pas avoir envie de lui parler, ne pas lui parler. Quitte à mourir, autant le faire le plus rapidement et le moins douloureusement possible !
Regarder les autres garçons, se dire que lorsqu’on tombe il faut se relever au plus vite… Et pourtant comme je n’i pas envie de me relever. Dieu sait combien j’ai besoin de cette main tendue que seul celui que j’aime me tend. Comme j’aime à l’avoir près de moi pour qu’il me montre comme je suis fort et comme j’ai tout l’univers à mes pieds. Comme j’aime me voir grand et plein de courage dans le miroir tendre de ses yeux aimants. Mais de miroir ses yeux n’ont plus rien ! Rien que le vague souvenir de moments si merveilleux. Après tout je n’ai qu’à m’en prendre à moi ! C’est vrai, j’aurais pu me débrouiller et tout quitter pour aller le rejoindre ! Comme cela me fait doucement rire. C’est vrai que le monde est fort pour donner de tels conseils, mais le monde, j’aurais aimé le voir à ma place pour voir si lui aurait été capable de tout abandonner… Je me sens soudain si vieux et si vide. Insignifiante enveloppe qui se putréfie un peu plus chaque jour. A quoi vais-je donc ressembler à son arrivée ? A quoi vais-je ressembler à mon départ ? A quoi va-t-il ressembler ? Qui prendra soin de lui ? Pour ça, je ne me fais pas de soucis… Ils sont nombreux les vautours qui tournent déjà autour de sa carcasse désolée, n’attendant que l’instant où il baissera les bras… N’ayez crainte, la bête est faible, bientôt vous dinerez, et moi je resterais sur notre fin…
Ses yeux pour miroir, pour me dire qu’il m’aimera encore, pour me dire que par delà les mondes il pensera à moi, que ça lui prendra du temps pour se relever lui aussi, que ça aura été une si belle histoire, que ce n’est pas ma faute, qu’il est désolé. Ses yeux pleins de larmes car je les vois déjà à l’aéroport, lui pleurant et moi souriant, car j’ai cette qualité là de ne rien montrer ailleurs qu’ici et là ce qu’il y a dedans. Ses yeux une dernière fois, mais aurais-je la force d’y croire, aurais-je la force d’y voir, aurais-je la force ? je ne sais toujours pas… Ses yeux comme miroir…
07/07/2008Miroir, miroir...
Marcher sur la plage, marcher longtemps en regardant l’horizon. Le bleu de l’eau où les vagues et le soleil feront croire à des diamants dansants, le bleu de l’eau cachant les poulpes aux yeux rouges, les sirènes et tous ces autres que j’aime à noyer. Noyer les hommes quand ils vous empêchent de respirer, les assassiner pour rester vivant, pour leur survivre, pour exister, pour faire savoir que nous avons existé avant d’accepter qu’il n’en reste plus rien. Marcher sur la plage sans jamais la toucher cette eau aussi salée que les larmes que l’on retient, marcher sur la plage et baisser les yeux, les baisser bas, très bas, et ne plus voir que le sable, le sable comme un immense désert, un désert où l’on erre, seul, perdu, condamné, triste et déçu de tout…
Attendre, car l’homme ne sait faire autre chose qu’attendre. Le moment viendra où ils se diront au revoir, où l’on oubliera d’arrêter de penser au passé, d’arrêter de penser à l’avenir, d’arrêter de penser tout simplement. Sentir comme l’océan tout entier au bord de mes yeux, sentir comme elles brulent les lacrymales, comme elles chatouillent et comme elles veulent sortir. Mais se taire, parce que le dire ne servirait à rien, alors l’écrire, quand bien même personne ne lira, quand bien même cela amusera, cela ne sera pas compris, cela fera jouir… Je commence à accepter car au fond, je ne suis pas plus seul, je ne suis pas plus libre, je ne suis pas différent, juste que l’avenir le sera, juste qu’il n’y aura plus de cette petite maison traditionnelle, de ces futons et autre fanta grape. Ne retenir que le meilleur et le garder, ne retenir que nous et le reste, l’oublier. Je ne suis pas de ceux qui oublient vite… Oh bien sur, je ne resterais pas seul bien longtemps, mais qu’il sache qu’il sera toujours là, toujours présent et toujours important. Qu’il sache que son image aura autant de mal à s’effacer que celle-là pour qui mes doigts auront encré ma peine en histoire d’homme divers et bossus. Qu’il sache qu’il aura été le premier, le premier avec qui j’imaginais une vie d’adulte, une vie de grand. Tant de choses à lui dire… Au fond, je ne le méritais pas, je suis trop égoïste et capricieux pour apprécier à sa juste valeur un aussi agréable garçon… enfin je crois… Je crois qu’il a pris la bonne décision. Ici il serait mort, il aurait étouffé, il aurait fini par être corrompu et il serait devenu si commun. Qu’il reste là-bas, qu’il m’achève et qu’il continue de rayonner. Le Japon est visiblement plus fort que Sélénérick ! Alors sourire, sourire toute la journée, rire même, et de bon cœur, mais garder quelques regards vides, quelques regards trop sérieux, trop profonds. Me dire que je joue bien la comédie, me dire que la vie c’est ça… Jouer la comédie, faire semblant devant les autres, et personne n’a rien remarqué. Alors pleurer au-dedans, pleurer d’être aussi insignifiant, d’être si peu important aux yeux des autres pour qu’ils ne puissent voir ma détresse. Toi tu l’aurais vu, je le sais… Mais toi tu n’es plus, nous le savons… Penser à la petite sirène… à sa langue que l’on coupe, à ses pieds que l’on blesse, et se demander… si, et si elle n’avait pas eu la force de suivre son prince, que se serait-il passé ? Et si elle avait eut le courage de tuer celui qu’elle aimait pour rester en vie ? J’aurais aimé avoir eu son courage et te suivre, quand à ce qui concerne ton meurtre, je vais y réfléchir… Tout cela est encore un peu flou pour moi… Tout cela est un peu dur a avaler même si encore une fois, je ne suis pas plus seul, pas plus libre… Je viendrais te voir encore, je viendrais dans ce pays que j’aime tant, je profiterais de toi pour revenir le voir ce merveilleux pays, et quand bien même tout sera fini… Juste prendre sur moi le temps nécessaire et tourner la page…
Marcher sur cette plage où j’ai aimé regarder les enfants chercher dans le sable des coquillages, marcher sur cette plage où j’aurais des larmes à verser… Mais que sont des larmes face à la mer ? Et puis je ne suis pas de ceux qui pleurent, je ne suis pas de ceux qui se lamente, du moins pas dans la vie, pas aux yeux de tous… Je marcherai dans mon désert, je marcherais en passant les restes calcinés de mon cœur et il refleurira, sois-en sur, il refleurira. Le temps est un ami et j’en ai tellement devant moi…
06/07/2008Miroir, miroir...
J’aurais aimé dormir, m’endormir longtemps sans savoir qu’il me réveillera ce prince-réveil pour m’emporter au loin vers cette capitale monstrueuse qui me veut autant que je l’aime. J’aurais aimé dormir pour ne pas voir les sourires fanés et les yeux exagérément tristes de ceux là qui regrettent à ma place. J’aurais aimé dormir tout un jour, une semaine ou peut être même toute une saison pour me réveiller en automne là où la vie entière serait en harmonie avec ce qu’au-dedans je suis… Des arbres mourant tout autour, des couleurs livides et suintantes, des oiseaux noirs et un ciel menaçant, le souffle réchauffant ce que le soleil n’atteint plus. J’aurais aimé dormir, cela fait des années que j’aurais aimé pouvoir dormir à chaque fois que l’on m’a obligé à souffrir un peu plus, et pourtant cela fait des années que je fais que me réveiller pour mieux souffrir encore après…
Tout me semble tellement plus vide, tellement plus silencieux, tellement plus morne et triste. Oh je n’ai pas perdu mon sourire, non, je suis juste un peu ailleurs. J’ai appris à ne pas me montrer faible, à ne pas exposer mes plaies, car les loups sont nombreux et voraces, plus que le sang, c’est la douleur qu’ils affectionnent. Alors cacher, cacher sa peine et sa douleur, la lui montrer seulement et encore. Ne pas lui dire pour que lui puisse s’envoler, ne pas lui dire, même s’il le sait. Mais savoir n’est pas se l’entendre dire, et la différence est là ! j’ai mal à la tête, je serre les dents, j’ai envie de dormir et pourtant le soleil au dehors est si présent. Fermer les volets ne ferait que me rappeler qu’il est là dehors à me guetter. J’irais me couper les cheveux, j’irais changer de lunettes, j’apprendrais l’anglais et travaillerait aussi sur le japonais. Je m’attacherais à lire et à dessiner aussi et pourquoi pas écrire encore, même si l’envie est soudainement moins forte. Il ne lisait pas vraiment, il ne disait rien, mais le savoir là, si loin et pourtant là, me donnait tellement de courage… Comme la stupide impression que tout n’aura été que mensonge, comme l’impression d’avoir gâchée une année et demie de ma vie et pourtant comme cela aura été plaisant de la gâcher ainsi ! Comme plus envie de le voir et de lui parler. Un poids énorme sur mes épaules et mes bras touchent le sol de ne plus pouvoir se relever. Où donc est passé la force qu’il me transmettait ? Je n’ai plus à m’en faire, je sais qu’un jour je dormirai profondément et que personne, pas même le plus agréable des princes viendrait me réveiller, je sais qu’un jour enfin je dormirais et je me reposerais de cette vie de douleur, en attendant, je reste éveillé et même si je ne comprends pas, je suis bien forcé d’accepter… Comme il m’en souvient alors des yeux de Damien, du doute de Giuliano et de tout ce qui faisait Julien… tourner les pages, puisque je ne suis qu’un livre, tourner les pages parce qu’on ne lit pas les petits livres assez longtemps pour s’endormir avec eux, tourner les pages et se rendre compte qu’il n’y en a plus, qu’il ne reste que la table des matières pour se souvenir des chapitres d’avant, puis la page blanche pour faire transition avec la couverture… J’irais me couper les cheveux et changer mes lunettes, je cesserais de rire un peu et j’essaierai de grandir encore. Je finirais bien par me lasser et par en trouver un autre, un autre qui refermera le livre lui aussi… Pour le reste, ce n’est pas bien grave… j’ai une boule dans le ventre, un nœud dans la gorge, des aiguilles dans les yeux et des ongles dans le crane, mais je garde le sourire et je le garderai, après tout je suis habitué…
Dans trois semaines je suis en vacances, mon voyage au Japon est fortement compromis, mais après tout je connais déjà Tokyo. Se soir je vais manger un browni fait maison, il parait que je suis assez doué pour en faire. Il fera bon demain et comme je commence tôt, j’ai de fortes chances pour finir tôt. J’ai de l’argent à dépenser et je ne suis pas malade. L’été est une saison formidable, elle me rappelle mon enfance, l’ile où j’ai grandit… L’été est une saison formidable, mais on enfance ne l’a jamais été, ma vie d’adulte ne l’est pas plus…
J’aurais aimé dormir, dormir longtemps, éternellement, mais même les princesses au bois se réveillent un jour. Se soir j’irais me coucher, sans trop l’œil fermer, et demain sera un autre jour où je ferais semblant. Mais je suis habitué à mentir et à faire semblant… Juste que cette fois ça sera plus important… N’allez pas croire que j’étais heureux, soyez-en sûr…
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