La complainte du petit garçon qui était devenu un homme
Tu sais, mes vêtements sont si grands,
Et pourtant je n’y flotte pas…
Et ce que je détestais tant,
Je le fais, mais je ne l’aime pas…
Le ciel est toujours trop immense
Et la mer bien trop profonde…
Est-ce moi, qui, comme je le pense…
Est-ce moi, ou est-ce le monde ?
Tu sais, je travaille beaucoup
Sans que personne ne me le dise…
Et lorsqu’on me donne des sous,
Je n’achète plus de friandises…
Le ciel est toujours loin et bleu
Et les vagues roulent en cœur…
Est-ce moi, ou sont-ce mes yeux ?
Est-ce moi, comme j’en ai peur ?
Tu sais, j’n’ai plus peur des orages
Et de ces portes que l’on ferme…
Et mes livres n’ont plus d’images,
Que des mots... que je lis quand même…
Le ciel est toujours noir, la nuit,
Et l’océan agité…
Est-ce moi, dis, est-ce moi, qui,
Est-ce moi qui aie oublié ?
Tu sais, je n’ai plus de caprices,
Et pourtant, dieu que j’en ai eu !
Finis les jeux et les délices,
Les prières au petit Jésus…
Le ciel est toujours plein d’étoiles
Et la mer l’est tout autant…
Est-ce moi, ou sont-ce les râles…
Est-ce moi, ou sont-ce les temps ?
Tu sais, les fées et les sirènes
Ça n’existe que dans les contes !
Tu sais, souvent j’ai de la peine
Et souvent, plus encore, j’ai honte…
Le ciel, lui, ne changera pas…
Et la mer, fera tout comme…
Mais hélas, je suis, je le crois,
Devenu, malgré moi, un homme…
Pour maman et pour tous ceux que je déçois....