23/09/2008Miroir, miroir...
Il ne fait pas encore froid, du moins pas assez pour moi. Il ne fait plus beau, même s’il ne pleut pas. Les choses ne sont pas pires, quand bien même je n’ai plus envie de sourire. Et le vide tout autour et tout dedans, et le vide qui grandit et moi qu’il mange doucement. Trop de questions, trop de pas assez de volonté, trop de tout ce qui fait que je baisse les bras aussi vite que je m’emballe. Hier c’était l’automne… C’est triste l’automne, c’est plus triste que l’été, le printemps ou même l’hiver. L’automne ça meurt, ça assassine, et ça n’aide en rien…
Le ciel est tellement gris… Je ne vois plus devant, je ne vois plus rien, aveugle à toutes ces choses douces que la vie peut poser sur mon cœur… Je veux oublier, je ne veux pas détester et tourner la page, je veux oublier, changer de vie et fuir mes responsabilités, fuir mes douleurs et mes chagrins, je veux retrouver la quiétude et la chaleur de ses bras, et qu’importe si lui ne le souhaite pas, si lui ne le peut pas, je veux des bras, des bras et de la peau. Je veux m’endormir contre quelqu’un, être une petite chose, un petit être fragile qui n’a pas besoin de sourire et de faire le fier pour se sentir fort. Je ne veux pas être fort, je veux être faible, je veux que l’on pose sa main sur ma tête et que l’on murmure des mots doux pour me calmer. Je veux de la tendresse et de la sensualité, je veux de la décence et de la peau qui se frôle. Je veux de la pureté et des caresses, je veux un lit froid et un corps chaud. Des bras, des bras grands comme ceux de la nuit, doux comme les ténèbres, rassurants comme les songes, puissants… Je voudrais être cette chose, cet objet, ce bijoux que l’on aime, que l’on adore, que l’on garde précieusement. Je veux être cet animal que l’on cajolera longtemps, je veux de l’amour et de l’oublie, parce que je me sens mal, je me sens vide et qu’il me manque…
Ce n’est pas ne pas l’aimer que de vouloir m’endormir dans les bras d’un autre, c’est au contraire parce que je l’aime que je veux le faire. Je ne veux pas souffrir, je ne veux pas attendre, je ne veux pas retomber dans le piège de la dépression… Ce n’est pas ne pas l’aimer que de vouloir le remplacer pour m’endormir sereinement. Mon corps et de la chaleur pour apaiser un esprit tourmenté et un cœur attristé… Plus les jours passent, et plus je sais de quoi sera fait demain… Pas comme nous l’aurions souhaités. Nous sommes en automne, la saison où les choses meurent, ou tout se doit de se faner et de finir dans la boue et la pourriture. Tout nettoyer pour laisser place à l’hiver, le grand, le beau, le froid… Meurs mon cœur, meurs et oublie nous, oublie ma peau, ma bouche et mes yeux, vienne celui que je n’aimerais pas mais qui me prendra dans ses bras, vienne celui-là que je m’en souvienne pour toi… A l’hiver il n’y aura plus rien, nous passerons, le froid recouvrira tout et un autre plus grand et plus beau pourra venir alors… Il fait si gris dans le ciel.
Le temps passe si vite, je n’ai pas le droit de pleurer, je n’ai pas le droit de m’attarder, il faut que je parte, il faut que j’avance ! La mort tout au bout ne me pardonnera pas mon retard, et déjà ma course commence. Ce n’est pas ne pas t’aimer que de t’avoir laissé me quitter, que de vouloir t’oublier, que de t’avoir fait pleurer, que de vouloir sur un autre me coucher… Ce n’est pas le corps qui réclame, mais l’âme… Comme j’aurais aimé éviter ça, comme j’aurais aimé te retrouver là-bas… Mais toi tu dors, toi tu vis alors que moi je suis vide et c’est comme ça, on y peut rien, et rien n’y fera, alors vivons l’automne et mourrons ce qui doit mourir, mourrons si nous voulons vivre… Parce que je t’aime et que je ne le dirais plus, parce que tu as des yeux comme le ciel et des cheveux comme ceux-là de la mer… Je vais nous oublier…
Il ne fait pas encore froid, il ne pleut peut être pas et tout pourrait être pire, mais j’ai le cœur glacé, les yeux rouges et l’envie de vide. Se soir je sais que c’est l’automne, saison des deuils, et des cadavres. Je sais qu’il n’y a plus rien à faire, plus rien qu’à oublier et à laisser partir… Ne pas se retourner, ne pas le dire ne pas en parler. Ecrire et se taire, parce qu’en parler serait se montrer faible, alors sourire, parce que c’est l’automne, et que les choses meurent… Alors sourire et courber l’échine pendant que tu dors de l’autre coté du monde, sourire pour éviter que je tombe…
22/09/2008Miroir, miroir...
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours levé les yeux vers la Lune, j’ai toujours voulu écorcher mes doigts aux épines du moment que j’avais la rose, j’oubliais toujours de respirer du moment que je voyais, d’en dessous, la surface. Je me suis toujours regardé comme un étranger et j’ai toujours parlé à mon reflet, imaginant qu’il me détestait, qu’il m’enviait mon soleil et la chaleur de mon monde. J’ai toujours pensé que les objets me surveillaient et qu’une fois le dos tournés ils s’empressaient de vivre. J’ai toujours su que Maman était dans ma tête, et qu’elle lisait en secret…
Pourquoi ai-je besoin d’un regard positif pour exister ? Qu’est-ce qui me demande, en moi, d’avoir « bonne conscience » ? Comme ces deux questions sont étranges, complémentaires et perturbantes à la fois. Il y a de ces blessures qui ne se refermeront jamais, de ces actes que l’ont ne sait plus très bien si on les a rêvés ou s’ils ont réellement eu lieue. Il y a les souvenirs que l’on se fabrique et ceux que l’on fait semblant d’oublier. Il y a le cheminement vers la vie, la route vers la mort… Je crois que lorsque j’étais enfant, j’ai cultivé une double personnalité. Le petit garçon heureux et sage qui souriait et jouait devant ses dessins animés, et cet autre, cet autre qui s’identifiait au tableau triste qu’il y avait chez ma tante Anne. Comme il était triste ce petit garçon sur la toile qui pleurait, comme elles étaient bleues ses couleurs, comme ses yeux étaient rouges, et moi, moi comme je le comprenais… J’ai du grandir trop vite, et j’ai du subir la cruauté des adultes qui ne savent pas que les enfants ne sont que des enfants. J’ai d’horribles souvenirs que je tais, que je n’ai jamais vraiment avoués, des choses qui font que j’ai du être fort, grand et sage, des choses trop lourdes que je devais oublier quelque fois mais qui pourtant revenaient trop souvent. A cette époque, Papa allait mal, Maman aussi… Je n’avais pas le droit d’aller bien, et pourtant il ne fallait pas que j’aille mal… Je ne sais pas trop en fait… Avec le temps, les années et tout ce que l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte apporte, je me suis créé tel que je suis, aussi frêle et solide que le jonc qui plie sans se casser… J’ai besoin de cet amour que j’ai ignoré, besoin de ce regard besoin de ça… parce que… je ne sais pas… Si je savais, je ne serais pas en train d’écrire….
Pourquoi me donner bonne conscience ? Parce qu’il est facile de faire mal à un enfant, parce que les petits secrets sont les plus grandes fautes, parce que l’on se sent coupable, parce que l’on a beau se laver les mains, le sang ça tache ! Parce que l’on a rien dit, parce que l’on a accepté, parce qu’on ne savait pas, parce que c’est pas ma faute, et on sait bien que lorsqu’on dit ça, Maman sait que c’est bien nous… Je ne dois pas me plaindre, je suis un beau jeune homme en bonne santé, un peu perturbé sans doute, un peu complexé, je n’ai rien fait de mal, je n’ai pas de sans sur les doigts, d’autres en auront eus plus que moi, mais pourtant, je ne sais comment défaire mon âme de ma culpabilité… Encore une fois, si je savais, je ne serais pas en train d’écrire… Les choses ne se passent jamais comme nous le prévoyons, et c’est bien pour cela que l’avenir me fait aussi peur que le passé, c’est bien pour cela que j’évite les projets, que je garde de l’argent et que je murmure souvent « je le savais… » Sans jamais avoir su vraiment. Je doute de moi, de mes qualités, de mon potentiel et de tout ce que je suis et apporte aux autres. Je connais les causes, je comprends ça, mais comprendre ne guérit pas… J’ai conscience que j’exagère et que je suis un lunatique égocentrique qui se veut martyr, que je baigne dans le théâtral, que j’en fais toujours trop que se soit en sourire ou non… Je sais qu’un jour je devrais recommencer à pleurer, que ça aussi ce n’est pas normal, que mes cauchemars cesseront un jour…
Je sais qu’un jour je devrais répondre franchement à ces questions, mais en attendant, je ne veux pas… Disons… que les roses ont des épines, et que les abeilles sont aussi voraces que les paillons sont éphémères
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours baissé les yeux face aux hommes, j’ai toujours fixé le Christ dans les églises en blasphémant intérieurement, voir s’il était miséricordieux, je rêvais souvent que j’étouffais, j’aimais être quelqu’un d’autre que moi-même… Maman me regardait avec les yeux pleins d’amour, je le sais bien aujourd’hui… mais à force de jouer, on finit par ne plus savoir, plus savoir qui on est pour de vrai… D’aussi loin que je me souvienne, j’étais conscient, les mains sur mon berceau ou dans ses bras, j’étais conscient… je le suis peut être moins maintenant…
20/09/2008Miroir, miroir...
Envie de silence, besoin de silence et de quiétude. Pas de bruit, pas de cris, rien, juste le silence et moi attentif pour l’écouter. Alors se lever plus tôt que les autres, ranger tout pour que l’esprit soit plus calme, apprécier le vide et me gaver de on néant. Le soleil est déjà si haut dans le ciel, et moi petit homme si bas… Plus envie de sourire comme un débile, plus envie d’arrondir les angles et de faire des efforts, pas envie d’entendre ce chat de plastique remuer la tête, pas envie d’entendre les voisins, juste envie de silence, de solitude et de paix… parce que c’est nécessaire, parce que j’étouffe, parce que ça hurle au-dedans…
Paris est une ville magnifique où j’ai tellement de choses à voir. Tellement de gens à rencontrer, tellement d’âmes, tellement de choses à découvrir, et moi… moi je reste là cloué devant mes dvd, mes feuilles blanches et mon clavier. Je me sens artiste mais je ne le suis pas. Je perds mon temps avec moi-même alors que je pourrais aller vers ces autres qu’il me arde de découvrir. Ma chambre me dégoute, trente ans et la chambre d’une gamine de quatorze. Envie de jeter toutes ces peluches, toutes ces figurines, ces gadgets roses et bleus, les papillons et les rubans, les photos et la couleur. Envie de tout repeindre en noir, de m’habiller en noir, de me raser la tête et d’avoir le courage d’envoyer chier toutes les personnes qui m’entourent. Envie d’être seul, d’être moi, de m’éloigner de tout et pourquoi pas de disparaitre. Cette vie m’épuise ces moments de spleen sont tellement plus fréquent que l’idéal. Le cafard que je déteste tant, le temps que je méprise tant, toutes ces choses qui me font du mal et qui pourtant me tendent leurs bras. Me lover dans ma solitude et ma mélancolie, je sais que ce n’est pas bon pour moi, je sais, mais ai-je seulement le choix ?
Nous avons toujours le choix
Que je n’entende plus jamais cette phrase qui n’a aucun sens. Pas envie de regarder de dvd, d’utiliser ma palette graphique, de prendre un crayon pour dessiner, d’écrire une ébauche de manuscrit, de faire des gâteaux, d’aller au cinéma… Envie de grandeur, de vide et d’espace, envie de silence et de nuit, de soleil et d’étoile, envie de musique douce et de sourire, envie de mains sur moi, de voix dans mon oreille, envie de tout ce qu’il me donnait, parce que je marche comme ça… J’ai besoin d’un autre pour vivre, j’ai besoin d’un autre où m’attacher, besoin d’un autre pour passer mes colères, d’un autre pour me sentir plus fort, plus grand, pour me sentir astre, pour me sentir vivant… Sans autre, je suis tellement vide, tellement mort au-dedans… Forêt de restes morts et de pourriture grouillante de vermines… Elles me dévorent sans autre, elles me digèrent et plantent leurs dents de vers conquérant dans la chair de mes entrailles putréfiées… Sans autre, je ne suis tellement rien… Il aurait voulu que je pense le contraire… Comme d’autres avant lui, il a dit les terribles mots que j’ai faits semblant d’ignorer, parce que je ne sais faire que ça, fuir…
Ça semble plus profond…
Oui, le malaise est bien plus profond. Je sais où il se situe, je sais ce qui fait que je suis aussi avide de l’autre, ce qui fait que je ne suis jamais satisfait, que je suis un tortionnaire, que je suis mauvais et sale au-dedans. Je sais d’où ça vient et je sais que je devrais consulter pour aller mieux, pour accepter et avancer enfin… Mais je ne suis pas malade ! J’ai juste besoin de savoir que je suis au sommet dans le cœur de l’autre, juste savoir ça et je peux m’endormir sans cauchemar, et je peux sourire pour de vrai, et je peux écrire et dessiner, chanter et aller au cinéma avec des amis et m’amuser sans même le voir ou lui parler, parce que je sais. Tant que je sais, je suis fort, je suis grand, je suis un monstre qui se gorge du sang de l’amour qu’on me porte et il me porte cet amour, il me porte et fait de moi la chimère étincelante que je suis… Mais sans ça, je ne suis rien, rien que du vide, du vide sur du creux, un abime si profond de néant… Même si je sais qu’au fond, je ne suis pas rien…
Envie de silence pour apaiser mon âme, besoin de l’écrire pour me soulager, besoin de sortir de voir des yeux sur moi, besoin de changer et de rester le même… Mon cœur, cette éponge sans nom qui s’assèche me murmure faiblement qu’il ne faut pas céder aux tentations amère de la mélancolie, alors je la pose ici avec ma rage et mon amour pour que la vie au dehors soit plus légère à mon âme. Besoin de silence et de calme, mais j’irais quand même chercher le bruit et le désordre pour :me sentir vivant dans la masse avant que je ne devienne mort et m’efface…
19/09/2008Miroir, miroir...
Parce qu’il faut savoir se taire afin que le silence puisse s’exprimer. Parce que les mots ne disent pas tout, parce que l’autre est le reflet de sa propre vie, parce que je suis comme la Lune, changeant et pourtant fidèle, parce que les plus belles choses sont celles qui sentent le mal, parce qu’après le beau temps, le ciel sait se faire fureur, parce que derrière ce qui brille, derrière mes sourires, derrière mes mensonges et mes vérités, parce que les pieuvres et les ongles au bout de mes doigts, parce que tant de choses font que je ne devrais pas écrire se soir…
Accumuler les sentiments, accumuler toute sorte de sentiments, l’envie, la jalousie, la détresse, la passion, l’amour, la déception, la trahison, la sérénité, l’amitié et l’angoisse. Accumuler plus encore et tout garder. Tout garder jusqu’à ce que ça explose… C’est dangereux de faire ça, c’est mauvais et ça fait mal. Aux autres, et à moi. Etre égoïste ? Mais ouvrez les yeux, je le suis déjà tellement ! Je refuse que l’on se permette d’avancer mes qualités alors que je suis moi-même conscient de mon état ! QUI me connait assez pour dire que je suis bon, gentil, talentueux, que je mérite telle ou telle chose ? QUI est celui qui peut oser juger ce que je vaux ? Parce qu’il suffit d’un sourire pour prouver sa valeur ? Parce qu’il suffit d’être drôle et touchant par moment ? Ouvrez les yeux, je ne suis rien de tout cela, je suis juste une coquille vide, une coquille que l’on a cassé, que l’on essaie de réparer, mais qui reste pour autant que je sache très fissurée. Je ne suis qu’une larve à l’intérieur qui tente, par pur esprit de jalousie, d’attirer sur lui les regards. Parce que je veux être aimé, je veux être adoré, je veux être grand, immense, éternel. Je veux être un astre pour vous dévorer de ma lumière pour vous bruler. Je veux être indispensable à votre vie et vous assoiffer, vous assécher, vous déshydrater. Vampire écarlate à la multitude de bras en fusions, je veux vous faire suffoquer, vous faire crever ! Je veux que vous vous entretuiez pour moi, que vous sacrifiez vos plus belles âmes, je veux du sang et de la mort et être le symbole de la vie ! QUI peut me dire que je ne souhaite pas cela ? QUI me sait assez pour me contredire ? De quel droit se permet-on de me prouver le contraire ?
Je suis gentil ? Je suis généreux ? Je suis prévenant ? Je suis artiste ? Je suis sensible ? Mais ne sont-ce pas là les qualités pour qu’un être aussi égocentrique, narcissique et autocentré sur sa propre image de lui-même, que moi soit apprécié de tous ? Il faut arrêter le cinéma, qu’ai-je fait ? Qu’ai-je dit ? Et ce que je pense alors ?
Se soir je suis en colère, j’ai le sang qui bouillonne et les poings serrés. Mes veines battent au rythme des pulsations de ma haine contre moi-même, car dans ma grande contemplation narcissique, je me plaints et je m’écœure autant que je me méprise… Pauvre petite créature, pauvre déchet, pauvre de moi…
J’ai des abeilles dans la tête. Elles sont belles comme le jour, grande comme l’amour, immenses et terrifiante, mauvaises et pourtant apprivoisées. Qui peut vivre avec de tels monstres dans le crane ? Qui peut savoir réellement qui je suis ? Ne suis-je pas capable d’avouer tout ce que je n’ai pas fait ? Mentir, mentir encore et toujours et finir par ne plus savoir où se trouve la vérité… Je me sens si seul, je me sens si vide, je me sens si mauvais et je me donne tant l’envie de vomir ! Que l’on ne me dérange sous aucun prétexte… Mais qui viendrait me déranger d’ailleurs ? Il y a des maux que l’on voudrait éviter, que l’on voudrait dire, que l’on voudrait… Je veux souffrir pour me savoir vivant, Je veux souffrir pour que l’on se penche sur moi… Je ne suis pas celui là… je ne le suis pas seulement…
Parce que se soir j’ai la bave au bord des lèvres, la larme au bord de l’œil, l’amour au bord du cœur, et que personne ne le sait, que personne ne me le demande, personne. Comme un mot qui revient, comme une idée de recommencement, comme toute ma vie dans ce seul mot, comme pas à la hauteur, comme envie d’être un astre… Aimez-moi disait les mots que j’avais écrits, aimez-moi, crient mes yeux, aimez-moi ! AIMEZ-MOI PUTAIN ! Aimez-moi avant que je vous aime, après que je vous aurai aimé… Aimez-moi, que je ne sois pas le seul à souffrir, aimez-moi… abreuvez mon vampire…
Aimez-le…
17/09/2008Miroir, miroir...
Fermer les yeux et sentir les ténèbres m’envahir. Fermer les paupières et lâcher prise pour tomber, tourbillonner et tomber. Comme la chute est lente et longue, comme jamais je ne cesse de tomber, et tout ce bruit tout autour de moi, et tout ce bruit que je ne vois pas… Alors regarder un peu le monde pour voir comme il résonne, ouvrir les yeux et les poser sur un pan de mémoire embrumant le regard… parce qu’on n’a pas besoin de fermer les yeux pour rester dans les ténèbres, parce que ce qui semble heureux ne l’est pas forcément, tout comme celui qui n’est pas là, est peut être plus présent qu’on ne le croit…
Quand j’étais enfant, je faisais semblant de dormir pour entendre les secrets. Je me cachais dans le couloir pour regarder la télé, je souriais en silence pour qu’on me donne plus qu’aux enfants turbulents. Toujours à me démarquer, toujours à me faire plus discret pour qu’on me remarque. Aujourd’hui j’en fais toujours trop. Trop de sourires, trop de cris, trop de silences ou trop de mots… Je n’ai jamais su doser, toujours excessif et pourtant tellement de retenue. J’ai du mal à comprendre comment font les autres. Se soir je me trouve gros. Il parait que tout cela c’est dans ma tête, il parait que je suis bien, que je n’ai pas de soucis à me faire. Mais se soir je me trouve gros, alors je ne mange presque pas, je fais du sport et porterais du noir… Peut être que si demain tout va bien, je prendrais deux parts de tarte aux citrons ! Je n’ai jamais su trouver le juste milieu, jamais su réellement où me positionner, jamais su quelle était ma place. J’ai du mal à savoir comment font les autres. On me dit de rester vrai, d’être moi-même… je m’efforce de le faire, mais j’ai ce sentiment qui me dit que sans ces autres, je n’existe pas. Je me sens si adulte et pourtant je ne suis qu’un enfant. Je me sens si loin de tout et pourtant en plein au-dedans… La vie me semble si compliquée…
Se soir je me trouve gros, mais je me sens bien aussi… Peut être que le piano que j’écoute est plus joyeux que d’habitude, peut être suis-je lunatique et changeant… En bon cancer que je suis…
Demain matin, quand je me réveillerais, le soleil sera encore endormi. Alors je pourrais le voir rougir l’est et faire pâlir le bleu de la nuit. Peut être trouverais-je ça beau ! Ce qui me chagrine dans tout ça, c’est qu’en attendant, je ne sais toujours pas qui je suis, ce que je suis voué à faire, ce qui me fait penser que je dois faire quelque chose… Car parfois, oui je me sens fort, je me sens grand et important. Je me dis que tends la main aux étoiles et que ça personne ne le sait. Je me dis que j’ai donné le sourire à tant de monde, que j’ai cru et espérer tant de fois ! Toute cette énergie… Parfois je me dis que je suis ici pour ça, pour sourire et écouter, pour sourire et protéger… J’aime ça accompagner de loin les gens que j’aime, me cacher dans l’ombre en leur donnant tout ce que mon cœur peut contenir d’amour, et pourtant, parfois je me dis que je suis tellement insignifiant… Bien sur, je sais que c’est faux, mais voyez le monde, voyez les autres qui bourdonnent et avancent sans jamais baisser les yeux, sans jamais se retourner… Comment voulez vous ne jamais douter ?
Se soir je me trouve gros, mais j’ai bien envie de manger un bon repas que l’on aura préparé pour moi… Peut être que le piano joyeux ça donne faim…
Quand j’étais enfant on me disait que je serais grand, que je ferais de grandes choses, que j’aurais un pouvoir sur les gens et une chance fantastique. On m’abreuvait de rose et de jaune, de bleu et de vert. J’avais des étoiles et des cœurs, des voiles et des rubans, je riais souvent et puis un jour tout à changer, on a cessé de m’encourager, et j’ai cru que je ne n’étais pas celui qu’on attendait… Mais il faut que je me souvienne de tout ce qu’on me disait, du regard de ma mère qui encore aujourd’hui a plein d’amour dans les yeux pour moi, de la confiance qu’on me fait, de ces signes évidents qui croisent ma route… J’ai beaucoup de chance si on réfléchit bien, j’aime sourire et les gens me connaissent comme ça…. Se soir il fait bon vivre chez moi, il fait peut être un peu sombre sur les bords, un peu gros au niveau du ventre, et un peu fouillis dans les cheveux, mais il ya tant de belles choses qui se cache dans mes yeux… se soir, oublions le laid, oublions le passé et ces ongles crasseux… se soir, je suis mieux que les autres…
Parce que parfois on ferme les yeux. Parce qu’on tombe et qu’une fois en bas, on ne peut que se relever… Parce que celui qui s’allonge ne dort pas forcément, parce que tout ce qui brille n’est pas diamant, parce que je vais y penser autrement, y penser et avancer, parce que je veux pouvoir le dire un jour à maman, parce que des fleurs sur la tombe de ceux qui sont morts, parce que ceux qui sont gros ne le sont pas vraiment, parce que tout ce que parfois je mens et qui apporte tellement…
16/09/2008Miroir, miroir...
Mon cœur est un vaisseau, la vie un océan. Et je file tout droit, toutes voiles dehors, poussé par le vent. L’inconnu n’est qu’un prétexte au voyage, au loin je sais bien ce qui m’attends. Loin des écueils blessant, loin des tempêtes et des ouragans, au-delà de tout ce que l’on peut attendre, bien après l’océan où vivent les monstres de légendes, mon but m’attend sans douter qu’au grand jamais je vienne à le manquer. Mon cœur est un vaisseau, la vie un océan, et je file à l’aventure, tout en sachant pourtant…
Que le monde est vide de tout et plein de rien, que l’avenir est tout aussi tracé que le sont les lignes de ma main, qu’échappatoire n’est qu’un mot qui aime se perdre au zéphyr. Les mots comme les idées n’ont pas beaucoup de poids au milieu de la mer, alors ne plus y croire, et finir par les taire… De solutions il ne reste que ça : Couler à pic, ou flotter ? Après tout qu’importe en vérité… A la fin ils finiront bien par nous mâcher ces immondes requins aux gueules sertis d’ivoire incisif. Se contenter de survivre en ne disant mot, parce qu’encore une fois, les mots ne servent à rien quand on en a pas les moyens. Filer droit devant vers le soleil qui se noie dans son sang… Pauvre soleil, toujours pourchassé, toujours se noyer… C’est sans doute cela son message. Pas de mots dans une bouteille, pas de bouteille à la mer, juste sa vie en grand pour tous les yeux, pour que chacun puisse y comprendre ce qu’il veut…
Je brille, je suis haut et je suis fort… mais je décrois et je me noie et l’eau s’empourpre et je me meurs… Mais ne perds pas espoir, car demain j’illuminerais à nouveau le noir… C’est ainsi que va le monde, il s’éteint puis se rallume…
J’ai beau sourire à l’équipage, j’ai beau sortir mes plus belles voiles et faire bonne figure, il y a cette couleur sur ma peau qui rappelle la maladie. Mon passé me rattrape ces derniers temps et j’aurais aimé me reposer sur lui. D’autres l’ont fait avant moi, d’autres le feront bien après moi, alors pourquoi je me l’interdit ? Peut être pour sembler plus fort, pour avoir une excuse au dernier moment, pour y arriver par moi-même… ou par peur d’être rejeter… J’aurais aimé lui dire tellement de choses, j’aurais aimé le faire pleurer encore et sourire aussi. Mais je vais me contenter de m’enfermer dans ma bulle, sur mon océan où je sais bien ce qui se cache droit devant… Je me sens tellement comme le monde, pleins de tout un tas de choses, pleins de trésors et pourtant vide et creux, amère et prêt à me torturer. Je suis bien un homme, je le sais maintenant…
Je brille, je suis haut et je suis fort… mais je déçois et me nuit et l’on s’empourpre et je me meurs… Mais je ne perds pas espoir, car demain j’illuminerais à nouveau le noir… C’est ainsi que va le monde, il s’éteint puis se rallume…
Penser à écrire, à lire et à cesser de manger. Penser à faire du sport à dessiner et à réfléchir aux projets… L’océan est pleins de bateaux, mais se dire que les plus beaux ne sont pas ce qui resteront le plus longtemps sur l’eau… Après tout on a beau avoir les meilleurs matériaux, l’équipage le plus courageux et des voyageurs importants, il suffit d’un trou dans la coque ou d’un iceberg droit devant… Penser à sourire malgré tout parce que même si je ne sais plus mentir, même si je ne veux plus mentir, sourire n’est que penser à demain et à ce qu’il me réserve… je sais que tu ne veux pas lire ça, mais quand nous nous reverrons, tu en aimeras un autre que moi, et j’aurais sans doute pour me bercer d’autres bras… alors sourire en pensant à ça, pour éviter d’abreuver l’océan en pensant à toi…
Mon cœur est un vaisseau, la vie un océan, et je file à l’aventure, tout en sachant pourtant… qu’au loin, au-delà de tout ce que l’on veut bien, il y a une étendue sans vague et sans âme. On y est serein, calme et en paix, on s’y sent bien, assagis et reposés… Et dans le silence de nos yeux clos, dans les ténèbres de la sérénité, lever la tête pour apprécier son chant. Car elle chante celle qui nous aura conduits jusqu’ici sans jamais douter que l’on vienne à la manquer. Douce et fragile tendre et sereine, pleine de grâce, l’ultime sirène… Embrasse-moi… car c’est ça toute ma vie, embrasse moi toi que je poursuis encore, toi que tout homme chasse, embrasse moi, la….
14/09/2008Miroir, miroir...
J’ai dit hier qu’il me fallait ouvrir les yeux. Mais dieux comme la lumière me fait mal, comme ces choses immaculées blessent et me rappelle combien je ne suis rien, rien que ce que je suis… Peut être n’est-il pas si bon de les ouvrir en grand, à trop regarder les soleils on en vient à se bruler les yeux, ces mêmes yeux qui nous condamnent à rester aveugle si nous les gardons clos… Je vis dans une bulle rose et bleue où le monde extérieur n’est un songe vaporeux, une bulle que les hommes savent frôler, que seuls les anges peuvent pénétrer… Je vie dans une bulle rose et bleu, mais quelque fois, ouvre les yeux…
Des fantômes, nous en avons tous, des moyens de nous en protéger, nous en cherchons parfois encore, de les tenir à distance il n’est pas toujours possible. J’ai fait une promesse un jour. Je ne sais plus s’il l’a entendue ou si seul le silence en aura été témoin, mais je l’ai faite, et je compte bien la tenir. Pourtant, j’ai peur de ne plus vouloir. Les gens que j’aime, je m’en éloigne, les gens que j’aime je m’en efface, et qu’importe si je change, si le temps et l’espace nous sépare, les gens que j’aime, je les aime et c’est immuable. Petit ourson sur mon bureau me regarde de ses yeux tristes, il sait que je n’ai jamais été aussi proche de son véritable maitre. Petit ourson gris sait qu’il ne m’obligera jamais à tenir ma promesse, que je me suis éloigné, que je me suis effacé, et pourtant…
Antoine est un garçon merveilleux que j’ai rencontré un soir d’hiver. Il y avait tant de rêves, tant de magie et de désespoir dans ses yeux… je n’ai pu que l’aimer et lui promettre de veiller à être toujours là pour lui s’il venait à me le demander. Mais aimer en secret et promettre en silence n’est rien, pas même du vent… Une pensée c’est si peu quand on y pense. Tant d’ardeur pourtant, tant de sincérité et de passion en moi, et dans tout ça, il ne me reste que cet ourson qui me regarde chaque jour, attendant le bon moment pour me montrer combien la réalité est dure… Aujourd’hui Antoine devient quelqu’un. Je ne sais plus rien de lui, ai-je seulement su quelque chose ? Les gens que j’aime, je m’en éloigne, aussi je n’apprends jamais à savoir qui ils sont, car je n’ai pas besoin de le savoir pour les aimer… Alors je les perds, et ils changent, et dans mon cœur ils restent pareils au jour où je les ai aimés. Qu’ai-je donc à leur offrir, de quoi parlerions-nous ? Je me sens si vide et inutile en leur présence… C’est un flagrant manque de confiance en moi, puisque je sais bien parler quand on ne me le demande pas, je sais être intéressant et bavard ! Pourtant, je devrais recroiser Antoine que je ne saurais lui dire bonjour… deux personnes dans mon cœur me font cet effet, deux anges plus anges que les autres… Fabien aux yeux de biches et Antoine… Le revoir sur internet hier soir m’a profondément perturbé… m’as-t-il vu lui ? Qu’importe, ne suis pas encore celui qu’il faut… te souviens-tu de ça Antoine ? Tu étais ma petite étoile, et j’aimais à t’encourager en secret… j’aurais aimé que tu le saches se soir Antoine, mon tendre fantôme, tu es toujours ma petite étoile, et dieu que ta lumière ne cesse de briller plus forte que les autres, OscarD est là sur mon bureau, il t’attend…
C’est étrange de voir comme une simple rencontre, même brève peut changer votre vie.
Je vais relire mon manuscrit, je vais corriger les passages trop logs et réécrire ce qui est mal écrit. Je vais le donner à lire à d’autres et je tiendrais compte des critiques. J’irais peut être un jour jusqu’à l’envoyer à une maison d’édition, mais je vais le relire parce qu’il n’y a pas de hasard, parce que c’est lui qui m’a donné envie de faire un blog, d’écrire et d’extérioriser tout ce qui blesse le rose et le bleu de ma bulle légère. Jamais je n’aurais son tallent, jamais je n’aurais sa sensibilité et l’émotion qu’il provoque, mais je continuerais parce que je ne suis qu’une mauvaise et pale copie, parce que je suis différent mais que je m’y retrouve un peu aussi… Hier soir, Laurent et Antoine sont devenus amis…
Je vis dans une bulle rose et bleue. Pour y entrer il ne faut pas grand-chose, un peu de magie dans les yeux, un peu d’océan dans le cœur, et tout un monde couvert de plaies. C’est le seul endroit où je me sens moi, où je me sens plein, où je suis serein. Des fantômes aux allures d’anges la traversent parfois sans jamais s’y arrêter vraiment… alors j’ouvre les yeux et vois combien le monde est loin de ma bulle rose et bleue. Sur mon bureau, un petit ourson gris attend. On me l’a donné il y a quelques années, depuis je l’aime et je crois qu’il le sait… Et toi ? Tu le sais que je serais toujours là si tu me le demandais ? Petite étoile dans mon cœur, parfois je te vois, parfois je te vois… mais toi ?
13/09/2008Miroir, miroir...
Ouvrir les yeux. Pas seulement pour s’enfuir des rêves, pas seulement pour rejoindre la réalité et vivre enfin… Ouvrir les yeux pour comprendre, pour voir, pour se rendre compte et se réveiller, souffrir, aimer, entrevoir au loin les lumières qui déjà s’éteignent. Penser à ses rêves, à son passé de rêve aussi brumeux et sombre que le sont les cauchemars… Le passé comme mon enfance, comme un rêve, un rêve mauvais, un rêve doux et chaud auquel il fait froid y repenser… Ouvrir les yeux parce qu’on ne peut dormir éternellement qu’au moment où l’on décide de nous endormir pour de bon… Ouvrir les yeux tant qu’on le peut encore, et faire face…
Mettre du bleu sur mes pieds, du bleu sur mes fesses, du bleu sur mon torse avec écrit « Seven » c’est beau comme mot, ça sonne comme paradis, ça m’apaise, ça me rends beau, ça me fait rêver… Il m’en faut peu sans doute… Mettre pantalon militaire, comme pour se cacher, comme pour faire le ciel et la forêt, tout ce qui est nécessaire, le bleu et le vert… Ecouter la sonate comme je l’aime, en plein jour, en plein silence, seul avec mes ombres, seul avec mes souvenirs, seuls avec mes putains de rêves. Repenser à ce fantôme qui ne représente plus rien, entendre ses mots acides bruler ma vie, penser à celui là à l’autre bout du monde… Comme il me manque, comme je commence à comprendre son absence, comme les choses me semblent lus vides et creuses. Casser la vie, lors en racheter une… pas avoir l’argent, pas savoir où, pas avoir l’envie…
Ce matin j’ai pris ma douche, je me suis lavé et j’ai regardé mon visage dans le miroir. Cela peut paraitre stupide, c’est peut être la crise de la trentaine, ou lors une intuition ou un reste de rêve collé à mes yeux mais… Je n’ai pas vu mon reflet… ou du moins, pas celui que j’aurais du voir. Le visage creusé, la peau pâle et sèche, tendue, séchée sur le squelette aux orbites écarquillé et noirs. Le spectre d’un avenir certain. Ce matin je me suis regardé dans le miroir et j’ai vu mon propre cadavre. J’ai eu beau frotter mes yeux et nettoyer mes lunettes, rien à faire, mon crane décharné me fixait sans baisser les puits noirs et profonds de ses yeux. Je n’ai jamais eu peur de la mort et pourtant ce matin, j’ai eu peur… Peut être n’est-ce rien, peut-être est-ce tout… Je ne voudrais pas disparaitre sans que ce détail ne soit mentionné quelque part… Alors je le confesse ici même… qui sait, se soir, demain, dans une semaine ou un mois je mourais peut être, alors on saura que je l’aurai su…
J’aurais aimé parlé d’autres démons qui me rongent, j’aurais aimé ne pas avoir à garder certaines choses pour moi, mais je sais aussi que des yeux qui m’auront aimé pourront lire ces lignes et je ne veux pas qu’il lise. Nous ne sommes pas prêts à ça…
La vie passe avec ses nuages, ses averses et ces éclaircies. Les gens passent avec leurs sourires, leurs mains tendues, leurs ongles et leurs venins. Et moi je reste sans bouger immobile à attendre de bien vouloir me réveiller. De temps en temps j’ouvre les yeux et j’écoute ce qui se passe autour de moi, de temps en temps j’ai l’affront de penser que je suis mieux que vous, que j’ai perdu mon temps ici et là, que personne ne comprendrai jamais, que je vais finir par mourir. De temps en temps je me dis que la vie est belle, que l’euro est cher et que j’aimerai tant retourner encore et encore au Japon. Tant de choses font que je suis moi, tant de tendresse et de passion dans mon cœur, et ses mots qui me reviennent alors « je crois en toi »… Ne pas oublier d’y penser quand j’ouvre les yeux, ne pas oublier d’y penser quand je les referme, ne jamais oublier ces mots, ces mots que l’on pense en pensant à moi… parce qu’il y a des cœurs qui m’aiment vraiment, parce qu’il y a des âmes qui croient en moi, parce que je refuse de croire que ma vision au miroir était prémonitoire…
Ouvrir les yeux en sachant qu’il faudra les refermer un jour. Vivre en sachant que le but ultime est de mourir, se regarder les yeux grands ouverts dans le miroir en voyant le reflet de sa propre décadence… Je voudrais vivre les yeux clos, d’ailleurs, je crois que c’est ce que je fais… je voudrais aussi me réveiller, mais la vie est si abrupte… je sais que mon visage sourit, mais si vous saviez tout ce que je souffre d’être moi, d’avoir cette vie terne et cette personnalité si… enfin, ouvrir les yeux parce que tu me manques, parce que je me manque, parce que dormir ça repose, mais c’est aussi un peu mourir, alors ouvrir les yeux et vivre… vivre…. Miroir, mon beau miroir dis moi…. Dis-moi….
06/08/2008Miroir, miroir...
Tourner encore et encore. Tomber aussi bas que la chute me le permettra et saisir les branches qui sauront me retenir. Tourner et ne pas arriver à faire le point, ne pas arriver à avancer. Fermer les yeux de fatigue et finir par mourir mon éveil dans un sommeil sans rêve, sans saveur, sans ombres et sans lumières. Juste dormir de ce sommeil éternel qui emporte les princesses aux lèvres des princes charmants… Dormir, et passer un nouveau jour…
Se lever tôt, passer à gare de Lyon, manger un morceau et passer l’après midi avec ceux là qui sont des amis. Recevoir cadeau, recevoir sourire et regards tendres. Sourire et rire, passer un moment chaud et doux comme l’été. Ne plus penser à toi, ne plus penser à nous, ne plus maudire ce dessin d’hier soir, ce bleu que j’ai eu du mal à faire partir de mes doigts. Marcher, parler de chance, parler de ma chance, marcher et sourire encore et oublier…
C’est qu’il y avait beaucoup de monde tout autour de moi, c’est que la place était noire et bruyante, c’est que je n’aurais jamais pu le voir dans toute cette ombre mouvante, et pourtant… et pourtant ses yeux verts derrière ses lunettes de soleil à quelques mètres devant moi. Sentir la peur, la peur panique, la peur profonde et primale remonter le long du cœur pour se loger dans les yeux et dans tout le reste du corps. A quelques pas devant moi la pieuvre ou la sirène… Le démon, le monstre qui me dévorait encore hier. J’ai baissé la tête et presser le pas en demandant à mes amis de me suivre sans me poser de questions. Des mois, des années sans te voir et entre tant d’inconnu juste ton visage m’est apparut… Remuer les souvenir, remuer le mal être qui bouillonne déjà, remuer toutes les plaies et jouer dedans pour les faire saigner à nouveau…
Pourtant…
J’aurais bien voulu avoir de tes nouvelles, je t’aurais bien fait un sourire, je t’aurais bien dit que moi ça allait bien malgré tout… A bien y réfléchir, je n’ai plus autant peur de toi, je me sens mal à l’aise, je me sens toujours plus petit que toi, mais je n’ai plus aussi peur… Après, l’on comprendra que je ne souhaite pas revoir celui-là que j’aurais aimé alors que celui-là que j’aime est en train de me quitter… J’ai pourtant été heureux de te revoir, tu semble aller bien, tu ne m’as pas reconnu je crois, il faut dire que j’ai changé de style… Tu vois, j’ai grandit, je suis encore plus fort, c’est positif… Mais si se soir je me mets à sourire alors qu’hier soir je pleurais, une question me vient… Ces sautes d’humeurs ne sont pas saines… je dois aller mal, plus mal que je ne veux bien me l’avouer…
Je voudrais remercier Rémy et Sylvain… Des mots après lectures de mon blog pour l’un, des mots après m’avoir regardé pour l’autre… ces vacances sont loin d’êtres les plus belles de ma vie… Certes Paris, Tokyo, mais comme je tombe, comme je tourne en rond, comme je ne me mets pas en valeur, comme mon miroir ne me dit pas que je suis le plus beau du royaume… Je vais mourir et renaitre, car je sais le faire… je vais changer ça, je vais dormir, et demain sera un autre jour…
Miroir, miroir...
Alors on essaie de panser les plaies. Panser avec ce qu’on trouve, ce que l’on a sous la main. Parfois avec juste un sourire et une impression de pas grand-chose. Penser aussi, à tout recommencer, a mieux faire, à ne plus faire aussi… Parce que ce n’est pas seulement toi, c’est aussi moi et la vie et tout le reste qu’on n’oublie pas mais qu’on ne nomme pas, parce que nommer les choses c’est leur donner plus de force, c’est faire exister ce que l’on occulte…
Se soir j’ai les doigts bleus, reste de couleur que j’aurais voulu étaler sur une grande feuille. Se soir j’ai pris un crayon et fait un très joli dessin. J’ai voulu y mettre du rose, du rouge et beaucoup de bleu et j’ai fini par tout déchirer sous un coup de colère. J’ai passé quatre heures à faire quelque chose et au bout de ces quatre longues heures j’ai tout détruits en quelques secondes. Je suis nul… je sais… on me dit que non, mais moi je sais que c’est vrai !
J’ai les dents serrées, mon ventre me fait terriblement mal, ma tête aussi et j’ai envie de frapper tout ce qui boue ou ne bouge pas. Je transpire et j’ai le souffle court. J’ai envie de vomir et de pleurer aussi, je me sens petit, petit si petit… Je n’ai plus confiance, je n’ai plus envie d’écrire de rire et de chanter. Ces angoissent que j’ai chassé me reviennent se soir et demain elles seront toujours là et il m’en faudra toujours plus toujours plus… Je crois que je suis malade… Comme plus envie de te voir, comme plus confiance en toi, comme plus envie de rien…
Je ne sers à rien, je ne suis rien, et ça on ne me fera pas croire le contraire !
Je suis gentil, je suis mignon, intelligent, doué, en bonne santé, aimé, entouré…
Ouai… alors c’est quoi le problème ?
Pourquoi je m’énerve pour rien ? Pourquoi on s’éloigne toujours de moi ? Pourquoi on ne comprend jamais ce que je veux dire ? Pourquoi je me sens si mal, si nul, si gros, si petit, si moche, si rien ?
J’vais arrêter de me plaindre… c’est vrai quoi… j’rigole tout le temps, je voyage et tout va bien merde !
Tu vas lire ça peut être… oh surement même… tu vois, se soir je pleure, se soir j’voudrais ces putains d’cachets mais je vais pas les prendre parce que je veux être plus fort que ça ! J’vais refaire mon dessin, j’vais me le faire tout seul mon itinéraire, et puis mes vacances elles seront belles quand même, et puis après je vais nous mettre de coté et peut être que je referais ma vie… ou peut être que je resterais seul parce que j’ai plus confiance, plus la force, plus le courage, plus l’envie, plus…
Tu vois, se soir je pleure, peut être pas comme toi, peut être pas en tremblant, mais je pleure quand même…
Alors on essaie de panser les plaies. Panser avec ce qu’on trouve, ce que l’on a sous la main. Parfois avec juste un sourire et une impression de pas grand-chose. Penser aussi, à tout recommencer, a mieux faire, à ne plus faire aussi… Parce que ce n’est pas seulement toi, c’est aussi moi et la vie et tout le reste qu’on n’oublie pas mais qu’on ne nomme pas, parce que nommer les choses c’est leur donner plus de force, c’est faire exister ce que l’on occulte… parce que tout recommence…
13/07/2008Miroir, miroir...
L’océan. Je n’en ai jamais vraiment profité. J’ai grandi dans une ile, de ma chambre je pouvais l’apercevoir, il me suffisait de marcher un peu pour l’entendre, et le toucher n’aurait jamais posé un problème. Mais, avez-vous remarqué que les choses que l’on aime le plus et qui nous sont essentielles nous manquent cruellement que lorsque l’on en est dépossédé ? C’est ce qui s’est passé avec mon océan quand j’ai quitté mon île. Mais les choses essentielles nous reviennent toujours. Je n’ai pas perdu l’océan, et l’océan ne m’a pas perdu.
IL y a ce que je crois et ce qui est. Il y a ce que les autres pensent et ce que qui est. Il y a ce que je vois et ce qui est. Il y a ce que tu dis et ce que tu fais… Comme un océan de mensonge, comme une immensité de doutes et une infinie quiétude en moi. Nous sommes tous un peu comme lui. Une surface calme ou démontée, une surface sombre ou argentée, translucide aux trésors chatoyants, opaques aux dangers menaçants. Autant de phases que de comportements, autant de facettes que de vagues… Est-ce moi qui suis d’un autre monde, est-ce moi où est-ce le monde qui n’est pas comme il le devrait ? Se soir j’ai de la peine, cela va faire sept jours, sept longs jours. Il est tant d’en faire le bilan. Des choses se sont passées, d’autres n’ont pas changées. J’aurais voulu être en position de force, j’aurais aimé exiger certaines choses, j’aurais voulu tenir certaines promesses, j’aurais souhaité ne pas en arriver à ce point, mais on ne choisit pas toujours… Pourtant, il me semble, dans mon souvenir, que l’on me soutenait le contraire. Cela voudrait-il dire que j’ai le choix ? Je suis de ceux que l’on écrase, je suis de ceux qui courbent l’échine et baissent les yeux. Je suis de cette race de perdant qui finit par gagner. Je suis un idiot, mais je l’assume pleinement. Se soir je suis un peu déçu, déçu de ce qui arrive, de ce qui va arriver, de ce qui est déjà arrivé… Je n’ai pas de grand regret, car j’ai pour principe d’essayer le plus possible de ne pas regretter, mais je suis déçu…
Je n’ai pas encore toutes les clés pour ouvrir les portes qui bloquent ma route, je n’ai pas les réponses à mon unique question, je n’ai pas encore le droit de m’endormir calmement sans penser à me réveiller demain. Je ne suis pas encore celui que je voudrais être, je n’ai pas encore ce que je souhaite avoir, je n’ai pas encore dit aux gens que j’aime combien ils comptent pour moi. Je n’ai pas affronté tous mes démons, je n’ai pas affronté ma médiocrité et j’ai encore peur de pas mal de choses. Je ne suis pas parfait et encore une fois je n’ai pas ma place dans ce monde, pourtant je m’y sens étrangement bien, et j’aime à faire confiance à ceux là qui me trahissent et à qui j’offre mon amour. Se soir je suis plus serein, plus posé et plus calme. Je connais quelqu’un qui sourirait de savoir comment cette quiétude m’est arrivée. Je connais quelqu’un qui ne le saura jamais, et je m’aperçois qu’il y a quelqu’un que je ne connais pas. Un océan de vide tout autour, océan de solitude et de paix. Quand le ballon est trop lourd, il faut lâcher du leste, en général du sable, de simples grains de sable comme une plage au bord de l’océan, alors le ballon plus léger peut enfin s’élever et atteindre des cieux plus bleus et voir comme le monde au dessous est petit….
Il y a ce dont on se souvient et les choses que l’on répète. Il ya ce que j’écris et que je suis seul à comprendre. Il y a ce que veulent lire certain et ce que j’ai voulu dire. Je suis bien conscient que n’importe qui peut lire ces mots, je suis bien conscient que personne ne les comprendras jamais mieux que moi, mais cela soulage quand même, bien que se soir je me sente merveilleusement bien. Je pardonne tant de choses, et on m’en pardonne tellement peu. Un jour peut être je vous raconterais des secrets, vous savez, de ces choses que l’on ne doit pas révéler. En attendant, je brouille les pistes…
L’océan. Je n’en ai jamais vraiment profité. L’embrun, les lames, le chant de ses sirènes. Tant de douceurs et de violences à la fois. Je dois être comme cela, nous devons tous être comme cela. Je serais un grand océan aux abysses pleins de monstres oubliés, aux trésors prêt à être déterrés, aux ressources inespérées. Oui je dois être un grand océan calme, mais gare au vent qui trouble mon onde sage. Mes vagues peuvent caresser comme détruire des vaisseaux entiers, car je suis un grand océan, et mon calme n’est qu’apparent…
11/07/2008Miroir, miroir...
Lorsque l’on s’apprête à quitter une personne que l’on aime, le cœur saigne et la voix tremble autant que les mains. Le voir, lui parler, lui écrire et le seul fait de penser à lui vous plonge dans un abîme où la lumière à du mal à vous atteindre. Rien n’est plus comme avant, et quand bien même les choses se passent bien, on ne peut ignorer cette douleur qui pointe ses doigts maigres et acérés. On ne peut faire comme si on ne sentait pas la pression de ses ongles déchirer les chairs pour creuser l’intérieur devenu aussi vide qu’une tombe qu’il faudra remplir de nos restes. Ce qui me blesse, ce que je ne comprends pas, c’est cette faculté extraordinaire qu’il a de m’envoyer des mails tout à fait normaux. A peine un remords, à peine de la peine, juste des mots, presque froids, pour expliquer telle ou telle chose, pour me raconter tel ou tel fait, mais rien, rien pour me dire qu’il fait mal dedans, qu’il fait froid et qu’il se meurt ce qu’il reste de joie. Comme l’impression que tout meurt avant même que nous nous soyons revus une dernière fois. Il me dit qu’il m’aime, qu’il s’arrache le cœur, je le crois, mais il ne m’a tellement pas habitué à garder autant sa douleur… C’est peut être une bonne punition pour avoir fait mon égoïste par le passé… Comme elles m’angoissent ces vacances avec lui, comme je ne sais pas quelle sera ma réaction. Comme il a pris tellement de place dans ma vie malgré son absence !
Personne à qui en parler, pas envie d’en parler de toute façon. En parler pour dire quoi ? Rien que je ne sache déjà. Pas envie de le voir sur msn, pas envie de savoir qu’il vit ailleurs et déjà sans moi. La suite ? Et bien on finira sans doute par se perdre de vue… c’est triste tout ça quand même, c’est tellement triste ! Je sais bien qu’après lui je serais encore plus fort et qu’un autre me fera aimer encore plus, je m’efforce de le croire tout du moins. J’avoue avoir pourtant peur de ne jamais trouver quelqu’un m’apportant autant de choses…
Le ciel est si gris sur Paris aujourd’hui, je suis presque en retard, je n’ai pas repassé mon t-shirt, je ne suis pas encore totalement habillé, je ne me coifferais pas, après tout le travail ce n’est pas grand-chose, et puis personne ne le remarquera alors… M’abrutir de sourire et de « bonjour monsieur », travailler pour deux puisque les vendredis c’est toujours infernal, travailler et rentrer épuiser avec le crane douloureux. Manger un peu et écrire, oui essayer d’écrire se soir pour ne pas perdre l’habitude de faire de jolies phrases pour les autres alors que l’on en a pas envie. Ne pas penser à lui, me coucher tard et ne pas lui parler, ne pas le regarder, ne pas lui offrir ce spectacle, ne pas lui montrer mes yeux rouge et mon sourire effacé. Rester dans son souvenir comme le beau garçon que j’étais dans le bleu de ses yeux, rester la lumière, rester comme il fait bon me voir. Déjà le onze…
10/07/2008Miroir, miroir...
Alors me revoilà presque au même point. C’est terrible ce sentiment de gâchis qui hante le cœur. C’est terrible de voir l’étonnement des autres, leur pitié, leur façon d’être gentil pour ne pas blesser. S’ils savaient, s’ils savaient que se sont ces yeux là qui me blessent. Sourire pour eux, sourire pour lui, sourire pour moi aussi, parce qu’elles sont de ces décisions irrévocables, parce que pleurer ne sert à rien, parce que je ne sais plus comment pleurer, parce que nos adieux m’angoissent, parce que bientôt je serais encore plus seul…
S’occuper, faire à manger et manger. Pas apprécier, juste manger pour vivre, pour faire comme si, pour avoir des forces. Faire la vaisselle et ranger l’appartement. Faire plus qu’il n’en faut, ne pas rester en place et pourtant ne pas vouloir bouger. Long weekend en perspective. Long weekend seul chez moi à ne rien faire, parce que je n’ai pas le cœur, pas l’énergie, parce que je serais une gène en ce moment. Pas envie d’expliquer à tout le monde, pas envie qu’on me dise que c’était inévitable, qu’on me l’avait bien dit, que ça passera… Pas envie de les voir rire au-dedans ces autres qui nous auront tant jalousé sans jamais le dire.
J’avais encore tellement de choses à partager avec toi, tellement d’endroit à visiter, tellement de ces espaces que tu aimes tant. Je me sens si vide. Plus jamais je ne pourrais demander où tu étais et avec qui. Plus jamais je ne jouerais au jaloux, plus jamais je n’insulterais Karine, plus jamais je me dirais que tu es fidèle et que j’ai de la chance de le savoir. Plus jamais je n’aurais ton visage contre mon torse, ton odeur contre ma peau. Plus jamais me moquer de tes cheveux que j’aime tellement, plus jamais tes yeux bleus, plus jamais ta façon de parler, ton ventre et tes fesses, tes baiser et tout le reste. Plus jamais ce regard sur le monde, cette façon si fraiche et pourtant si mature, plus jamais cette confiance aveugle, plus jamais de toi, plus jamais de nous, plus jamais de sourire en pensant à toi. Comme il faisait chaud de penser que tu étais là quelque part à m’attendre, comme il faisait bon de te demander comment se disait tel ou tel mot en japonais…
J’ai tellement envie de tout lâcher. Je me sens comme un pantin, vide d’âme, vide de vie. Comme retenus par des fils invisibles me dictant de continuer à bouger. Comme prisonnier de moi-même, comme simple enveloppe qu’une main divine plus humaine s’amuserait à garder debout alors que je ne demande qu’à retomber en inerte poupée de bois. A coup sur petit garçon jamais ne deviendra ! Les fées bleues tu les auras dévorés…
Ecrire ici, même si l’exercice m’est de plus en plus difficile. Je pense que ma façon de construire mes notes est moins structurée et moins belle, mais peut être plus vrai… Ecrire parce que tu m’encourageais à le faire, parce que tu sais que j’ai besoin de ça pour continuer, parce que j’aurais tellement aimé qu’on le lise… Ecrire ce que je ressens, même si je n’arrive plus à le retranscrire correctement… Ecrire pour que l’on sache, pour que je me souvienne qu’un jour je t’ai aimé, et que ce même jour, je t’ai perdu…
Et me revoilà au même point. Avec peut être une note un peu plus positive. J’ai passé des moments merveilleux, j’ai fait des choses extraordinaires, tu as réalisé des rêves que je croyais perdus, et si l’on se quitte, ce n’est pas que l’amour n’est plus là, mais qu’au contraire il est trop présent… Tu m’as rendu heureux, et ce n’était pas facile… Rien que pour ça je me dois d’accepter ta décision, rien que pour ça je dois honorer ma promesse… Mais avant que tout soit fini, écrire et écrire encore jusqu’au dernier instant, parce que le monde doit savoir comme je t’aime et comme je t’aurai aimé…
09/07/2008Miroir, miroir...
Lire ses mots. Ces mots qui brulent, noircissent et consument l’âme jusqu’à ce qu’il ne reste d’elle que des cendres où jamais Phoenix ne renaitra. Lire ses mots. Ces mots qui rappellent combien les choses sont fragiles et peuvent se briser à tout moment sans que jamais l’on ne puisse les réparer. Lire ses mots. Ces mots que je finirais par oublier, comme tout ce qui fait que je suis en train de souffrir de le perdre. Mais je ne le perds pas vraiment, et c’est sans doute cela qui blesse le plus, au fond, il est toujours à moi…
Comment faire bonne figure ? Comment faire comme si de rien n’était alors que tout va mal ? Parfois j’ai du mal à le comprendre. Ses mots me semblent si froid, si froids… j’ai beau lire et relire, je ne trouve pas l’émotion, je ne trouve pas la plaie qui les aura engendrés. Je dois être anesthésié par ce qui arrive. Alors dans ce cas, je ne devrais pas souffrir… Il me demande d’accepter. Comment accepter une décision que l’on ne comprend pas ? Pourquoi ce qu’il me dit me semble si dur a avaler ? Le revoir comme si de rien était, se dire au revoir et à jamais… Serais-je assez fort pour supporter ça ?
Crise. Le cœur qui s’emballe, les sueurs froides, les tremblements et cette terreur incompréhensible qui étreint le cœur… Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu de crise d’angoisse. Ce n’en était pas une très grosse, juste une toute petite, l’espace de quelques secondes, mais je les connais bien ces instants où le monde nous échappe… Se contrôler, prendre sur soi, sourire et accueillir le client suivant. Faire des erreurs, plus que d’habitude, rire pour faire passer, rire pour que personne ne voie la détresse. Rire, mais rire combien de temps comme ça encore ? Trois jours et déjà tant d’eau à verser derrière mes yeux…
Ecouter des chansons joyeuses, faire de l’anglais, regarder des émissions légères, faire un peu de sport, aller chez le docteur, penser à faire d’autres projets, penser à lui faire plaisir en ne m’autodétruisant pas… C’est étrange le cœur, il était si loin de moi et ne me manquait jamais, et maintenant qu’il l’est tout autant, il me manque plus que jamais. Histoire de fierté, de propriété ? J’aurais tellement aimé parler cette langue qui m’empêche de le rejoindre…
Je ne sais plus comment écrire, je ne sais plus si les phrases ont un sens… j’ai trop de mots qui viennent, trop d’images, trop de regrets… Il le sait que je l’aime, il le sait que je regrette mes erreurs, ma façon de parler et tout ce que l’on peut me reprocher. Il le sait que je ferais tout pour qu’il reste, et malgré ça il part. Je lui en veux tellement, et pourtant je suis si fier et si heureux pour lui. Je sais que l’on dit ça à chaque histoire qui se termine, mais je ne veux pas… j’arrête là, les mots ne viennent plus comme ils devraient… pardon…
08/07/2008Miroir, miroir 2...
Cela sonne juste, cela sonne bien. Blessant comme ces lames qui hier encore m’embrassaient les poignets. Cela sonne tellement vrai et tellement froid, chirurgical comme ces larmes qui hier encore tapissaient l’intérieur. Comme une douche chanson, une chanson déjà entendue que l’on écoute pourtant pour la première fois. Chaque mot, chaque virgule, tout est précisément à sa place. Qui décide de cette place ? Qui choisit ? Oui, à qui revient donc ce choix des places ? Dans l’histoire nous sommes tous un peu Dieu et homme à la fois…
Attendre, laisser passer le temps, sourire un peu moins, jouer un peu moins, être plus vrai, plus naturel. Tendre la main hors de l’eau et implorer des yeux qu’on vienne la saisir, qu’on vienne boire cette eau qui me noie. L’océan comme mon cœur, l’océan comme des pleurs, et tout comme lui, cacher son monde tout en restant vrai. Calme océan, calme océan où grouillent ces monstres aux dents mortelles, ces couleurs aux poisons efficaces, ces pièges et ces tempêtes, sa fureur et toute cette rage sous une surface plane et brillante. Comme il doit faire doux de plonger au-dedans… Comme il doit être affamé cet immense requin blanc… Et cette colère que l’on tait, cette colère toute enrobée de silence. Le silence comme une arme, comme une douleur, comme une attente, comme seule réponse, comme unique question, comme le résumé de tout. Parce que sous l’eau comme sur nous, le silence s’impose… Que dire ?
RIEN
Couper mes cheveux, comme une histoire que l’on arrête, tirer un trait sur une année sans coiffeur, tirer un trait sur une année de bonheur et changer de visage, devenir autre et regretter un peu les mèches qui se baladent encore derrière les oreilles. Recevoir cadeau idiot qui ne servira pas de si tôt, cadeau maladroit pour me dire que l’on pense à moi. Ne plus manger trop, ne plus parler autant, ne plus écrire qu’ici sans rien attendre en retour. Ecouter les autres vous blesser et penser à ces pansements que l’autre posait à chaque fois. Se dire que s’il avait été si sincère, que si j’avais été aussi grand et fort, aussi puissant et beau que l’océan, alors mes vagues auraient du le noyer ce pays, et pourtant… Ne pas savoir exactement quoi faire, dire oui, puis dire non, se croire et s’en vouloir. Faire du mal à l’autre ? Cela ne servirait à rien, cela ne me fait même pas envie, mais alors que faire qui pourrait changer ça ?
RIEN
Les griffes lacèrent toujours, les crocs arrachent et les poisons terrassent. Il n’y a pas d’échappatoire, il n’y a que des choix invisibles. Plus confiance, tellement bas, tellement rien, tellement envie d’abandonner tout ce que j’avais entrepris de faire. Tellement envie de me mettre en colère et tellement pas la force de le faire. A quoi bon ? Dans trois mois un autre viendra et repartira, dans deux ans je ferais le deuil d’aujourd’hui et après ?
RIEN
Alors se taire et sourire et si cela venait aux lèvres de quelqu’un de me demander ce qui ne va pas, alors je pourrais répondre avec sincérité…
RIEN…
J’aurais aimé…. Et puis c’est même pas la peine de continuer tout le monde s’en bat les couilles et on ne comprendra rien à ce que j’écris alors…
Miroir, miroir...
Ses yeux pour miroir, j’aurais aimé lui demandé qui était le plus beau. J’aurais aimé l’entendre me dire qu’il m’aimait et lui demander encore de me le répéter jusqu’à ce que je m’endorme sur ces mots tendres et réconfortants. Oh je pourrais toujours le questionner comme la reine au fin fond de son palais, je pourrais lui imposer de me l’avouer qu’il s’exécuterait… Mais quelque chose à changer, et lorsque les miroirs se brisent, on n’aime plus à s’y contempler. Gage de malheur, d’années de malchance, comment faire alors pour vivre sans ce futile et putride reflet de la vanité humaine ?
Un jour vous buvez confiance, vous buvez ses paroles ambrosiaques, vous vous saouler à ces mots tendres qu’il vous murmure qu’il vous renvoie, et puis tout se termine, il se tait, et il aura beau vous dire des mots plus tendres encore que vous n’arriverez à les entendre comme vous les avez entendus auparavant. Comme si la sincérité s’était envolée, comme si la perspective de la fin faisait fondre l’honnêteté de ses mots, comme si ses sentiments étaient faux, que tout cela n’était qu’une grande escroquerie, une mascarade, une farce donc vous seriez le dindon… Les miroirs ne mentent pas, les yeux non plus, alors pourquoi on arrive à se trouver laid aujourd’hui alors qu’hier nous étions beau ? Quelque chose s’est brisée en moi, comme plus la force d’y croire, comme plus envie de faire l’effort de croire, comme mes bras tombant le long de moi pour ne plus porter quoi que se soit… Me dire qu’il ne mérite pas mon attitude, me dire qu’il a raison, me dire que c’est différent et puis me dire qu’il a quand même raison, comme toujours… Trouver ça énervant, lui en vouloir, mais ne rien faire, ne rien dire. Juste regarder son nom sur un écran en se disant qu’à l’autre bout du monde il a chaud, il se sent mal et que moi j’ai si froid… Ne plus compter les jours, en arriver à vouloir qu’il n’arrive jamais cet instant où nos yeux se recroiseront. Angoisse et panique à les voir défiler ses chiffres qui nous montre qu’il s’en va mourir l’été, qu’elle s’en va mourir notre relation… Ne pas savoir quoi lui dire, ne pas avoir envie de lui parler, ne pas lui parler. Quitte à mourir, autant le faire le plus rapidement et le moins douloureusement possible !
Regarder les autres garçons, se dire que lorsqu’on tombe il faut se relever au plus vite… Et pourtant comme je n’i pas envie de me relever. Dieu sait combien j’ai besoin de cette main tendue que seul celui que j’aime me tend. Comme j’aime à l’avoir près de moi pour qu’il me montre comme je suis fort et comme j’ai tout l’univers à mes pieds. Comme j’aime me voir grand et plein de courage dans le miroir tendre de ses yeux aimants. Mais de miroir ses yeux n’ont plus rien ! Rien que le vague souvenir de moments si merveilleux. Après tout je n’ai qu’à m’en prendre à moi ! C’est vrai, j’aurais pu me débrouiller et tout quitter pour aller le rejoindre ! Comme cela me fait doucement rire. C’est vrai que le monde est fort pour donner de tels conseils, mais le monde, j’aurais aimé le voir à ma place pour voir si lui aurait été capable de tout abandonner… Je me sens soudain si vieux et si vide. Insignifiante enveloppe qui se putréfie un peu plus chaque jour. A quoi vais-je donc ressembler à son arrivée ? A quoi vais-je ressembler à mon départ ? A quoi va-t-il ressembler ? Qui prendra soin de lui ? Pour ça, je ne me fais pas de soucis… Ils sont nombreux les vautours qui tournent déjà autour de sa carcasse désolée, n’attendant que l’instant où il baissera les bras… N’ayez crainte, la bête est faible, bientôt vous dinerez, et moi je resterais sur notre fin…
Ses yeux pour miroir, pour me dire qu’il m’aimera encore, pour me dire que par delà les mondes il pensera à moi, que ça lui prendra du temps pour se relever lui aussi, que ça aura été une si belle histoire, que ce n’est pas ma faute, qu’il est désolé. Ses yeux pleins de larmes car je les vois déjà à l’aéroport, lui pleurant et moi souriant, car j’ai cette qualité là de ne rien montrer ailleurs qu’ici et là ce qu’il y a dedans. Ses yeux une dernière fois, mais aurais-je la force d’y croire, aurais-je la force d’y voir, aurais-je la force ? je ne sais toujours pas… Ses yeux comme miroir…
07/07/2008Miroir, miroir...
Marcher sur la plage, marcher longtemps en regardant l’horizon. Le bleu de l’eau où les vagues et le soleil feront croire à des diamants dansants, le bleu de l’eau cachant les poulpes aux yeux rouges, les sirènes et tous ces autres que j’aime à noyer. Noyer les hommes quand ils vous empêchent de respirer, les assassiner pour rester vivant, pour leur survivre, pour exister, pour faire savoir que nous avons existé avant d’accepter qu’il n’en reste plus rien. Marcher sur la plage sans jamais la toucher cette eau aussi salée que les larmes que l’on retient, marcher sur la plage et baisser les yeux, les baisser bas, très bas, et ne plus voir que le sable, le sable comme un immense désert, un désert où l’on erre, seul, perdu, condamné, triste et déçu de tout…
Attendre, car l’homme ne sait faire autre chose qu’attendre. Le moment viendra où ils se diront au revoir, où l’on oubliera d’arrêter de penser au passé, d’arrêter de penser à l’avenir, d’arrêter de penser tout simplement. Sentir comme l’océan tout entier au bord de mes yeux, sentir comme elles brulent les lacrymales, comme elles chatouillent et comme elles veulent sortir. Mais se taire, parce que le dire ne servirait à rien, alors l’écrire, quand bien même personne ne lira, quand bien même cela amusera, cela ne sera pas compris, cela fera jouir… Je commence à accepter car au fond, je ne suis pas plus seul, je ne suis pas plus libre, je ne suis pas différent, juste que l’avenir le sera, juste qu’il n’y aura plus de cette petite maison traditionnelle, de ces futons et autre fanta grape. Ne retenir que le meilleur et le garder, ne retenir que nous et le reste, l’oublier. Je ne suis pas de ceux qui oublient vite… Oh bien sur, je ne resterais pas seul bien longtemps, mais qu’il sache qu’il sera toujours là, toujours présent et toujours important. Qu’il sache que son image aura autant de mal à s’effacer que celle-là pour qui mes doigts auront encré ma peine en histoire d’homme divers et bossus. Qu’il sache qu’il aura été le premier, le premier avec qui j’imaginais une vie d’adulte, une vie de grand. Tant de choses à lui dire… Au fond, je ne le méritais pas, je suis trop égoïste et capricieux pour apprécier à sa juste valeur un aussi agréable garçon… enfin je crois… Je crois qu’il a pris la bonne décision. Ici il serait mort, il aurait étouffé, il aurait fini par être corrompu et il serait devenu si commun. Qu’il reste là-bas, qu’il m’achève et qu’il continue de rayonner. Le Japon est visiblement plus fort que Sélénérick ! Alors sourire, sourire toute la journée, rire même, et de bon cœur, mais garder quelques regards vides, quelques regards trop sérieux, trop profonds. Me dire que je joue bien la comédie, me dire que la vie c’est ça… Jouer la comédie, faire semblant devant les autres, et personne n’a rien remarqué. Alors pleurer au-dedans, pleurer d’être aussi insignifiant, d’être si peu important aux yeux des autres pour qu’ils ne puissent voir ma détresse. Toi tu l’aurais vu, je le sais… Mais toi tu n’es plus, nous le savons… Penser à la petite sirène… à sa langue que l’on coupe, à ses pieds que l’on blesse, et se demander… si, et si elle n’avait pas eu la force de suivre son prince, que se serait-il passé ? Et si elle avait eut le courage de tuer celui qu’elle aimait pour rester en vie ? J’aurais aimé avoir eu son courage et te suivre, quand à ce qui concerne ton meurtre, je vais y réfléchir… Tout cela est encore un peu flou pour moi… Tout cela est un peu dur a avaler même si encore une fois, je ne suis pas plus seul, pas plus libre… Je viendrais te voir encore, je viendrais dans ce pays que j’aime tant, je profiterais de toi pour revenir le voir ce merveilleux pays, et quand bien même tout sera fini… Juste prendre sur moi le temps nécessaire et tourner la page…
Marcher sur cette plage où j’ai aimé regarder les enfants chercher dans le sable des coquillages, marcher sur cette plage où j’aurais des larmes à verser… Mais que sont des larmes face à la mer ? Et puis je ne suis pas de ceux qui pleurent, je ne suis pas de ceux qui se lamente, du moins pas dans la vie, pas aux yeux de tous… Je marcherai dans mon désert, je marcherais en passant les restes calcinés de mon cœur et il refleurira, sois-en sur, il refleurira. Le temps est un ami et j’en ai tellement devant moi…
06/07/2008Miroir, miroir...
J’aurais aimé dormir, m’endormir longtemps sans savoir qu’il me réveillera ce prince-réveil pour m’emporter au loin vers cette capitale monstrueuse qui me veut autant que je l’aime. J’aurais aimé dormir pour ne pas voir les sourires fanés et les yeux exagérément tristes de ceux là qui regrettent à ma place. J’aurais aimé dormir tout un jour, une semaine ou peut être même toute une saison pour me réveiller en automne là où la vie entière serait en harmonie avec ce qu’au-dedans je suis… Des arbres mourant tout autour, des couleurs livides et suintantes, des oiseaux noirs et un ciel menaçant, le souffle réchauffant ce que le soleil n’atteint plus. J’aurais aimé dormir, cela fait des années que j’aurais aimé pouvoir dormir à chaque fois que l’on m’a obligé à souffrir un peu plus, et pourtant cela fait des années que je fais que me réveiller pour mieux souffrir encore après…
Tout me semble tellement plus vide, tellement plus silencieux, tellement plus morne et triste. Oh je n’ai pas perdu mon sourire, non, je suis juste un peu ailleurs. J’ai appris à ne pas me montrer faible, à ne pas exposer mes plaies, car les loups sont nombreux et voraces, plus que le sang, c’est la douleur qu’ils affectionnent. Alors cacher, cacher sa peine et sa douleur, la lui montrer seulement et encore. Ne pas lui dire pour que lui puisse s’envoler, ne pas lui dire, même s’il le sait. Mais savoir n’est pas se l’entendre dire, et la différence est là ! j’ai mal à la tête, je serre les dents, j’ai envie de dormir et pourtant le soleil au dehors est si présent. Fermer les volets ne ferait que me rappeler qu’il est là dehors à me guetter. J’irais me couper les cheveux, j’irais changer de lunettes, j’apprendrais l’anglais et travaillerait aussi sur le japonais. Je m’attacherais à lire et à dessiner aussi et pourquoi pas écrire encore, même si l’envie est soudainement moins forte. Il ne lisait pas vraiment, il ne disait rien, mais le savoir là, si loin et pourtant là, me donnait tellement de courage… Comme la stupide impression que tout n’aura été que mensonge, comme l’impression d’avoir gâchée une année et demie de ma vie et pourtant comme cela aura été plaisant de la gâcher ainsi ! Comme plus envie de le voir et de lui parler. Un poids énorme sur mes épaules et mes bras touchent le sol de ne plus pouvoir se relever. Où donc est passé la force qu’il me transmettait ? Je n’ai plus à m’en faire, je sais qu’un jour je dormirai profondément et que personne, pas même le plus agréable des princes viendrait me réveiller, je sais qu’un jour enfin je dormirais et je me reposerais de cette vie de douleur, en attendant, je reste éveillé et même si je ne comprends pas, je suis bien forcé d’accepter… Comme il m’en souvient alors des yeux de Damien, du doute de Giuliano et de tout ce qui faisait Julien… tourner les pages, puisque je ne suis qu’un livre, tourner les pages parce qu’on ne lit pas les petits livres assez longtemps pour s’endormir avec eux, tourner les pages et se rendre compte qu’il n’y en a plus, qu’il ne reste que la table des matières pour se souvenir des chapitres d’avant, puis la page blanche pour faire transition avec la couverture… J’irais me couper les cheveux et changer mes lunettes, je cesserais de rire un peu et j’essaierai de grandir encore. Je finirais bien par me lasser et par en trouver un autre, un autre qui refermera le livre lui aussi… Pour le reste, ce n’est pas bien grave… j’ai une boule dans le ventre, un nœud dans la gorge, des aiguilles dans les yeux et des ongles dans le crane, mais je garde le sourire et je le garderai, après tout je suis habitué…
Dans trois semaines je suis en vacances, mon voyage au Japon est fortement compromis, mais après tout je connais déjà Tokyo. Se soir je vais manger un browni fait maison, il parait que je suis assez doué pour en faire. Il fera bon demain et comme je commence tôt, j’ai de fortes chances pour finir tôt. J’ai de l’argent à dépenser et je ne suis pas malade. L’été est une saison formidable, elle me rappelle mon enfance, l’ile où j’ai grandit… L’été est une saison formidable, mais on enfance ne l’a jamais été, ma vie d’adulte ne l’est pas plus…
J’aurais aimé dormir, dormir longtemps, éternellement, mais même les princesses au bois se réveillent un jour. Se soir j’irais me coucher, sans trop l’œil fermer, et demain sera un autre jour où je ferais semblant. Mais je suis habitué à mentir et à faire semblant… Juste que cette fois ça sera plus important… N’allez pas croire que j’étais heureux, soyez-en sûr…
28/06/2008Miroir, miroir...
Des fois j’arrête, des fois j’ouvre les yeux et je me dis que ce n’est pas normal. Des fois ça fait comme un creux dans la vague, un creux dans mon cœur, quelque chose en moins, quelque chose d’absent. Parfois je suis sur mon canapé et j’arrête de faire semblant, alors je pense à lui, alors il me manque…
C’est comme si c’était le début. Au début c’est toujours beau et mignon, il n’y a pas de nuages, il n’y a pas de douleurs, il n’y a que de l’amour. Et puis je me rends compte que ça fait plus d’un an. Un an et tellement de mois où il est allé travailler là-bas… La notion de temps et d’éloignement sont des concepts que j’ai toujours eu du mal à assimiler, ainsi le manque qui en découle généralement m’est absent, pourtant… Des fois j’arrête, des fois j’ouvre les yeux et je me dis que ce n’est pas normal. Alors je pense à lui, je nous imagine, je nous vois, moi et lui et je ne me reconnais pas, je ne le reconnais pas… C’est assez difficile d’expliquer ce que je ressens dans ces moments, un grand vide, de la mélancolie peut être, des regrets ou tout simplement le manque, en tout cas, c’est lourd, c’est vide et ça rends triste…
Je me dis que je ne le connais pas et pourtant je sais que c’est faux, je sais que la situation ne pourra durer éternellement, et pourtant je sais que je saurai être assez fort tenir bon. Il arrive toujours à me faire sourire, à me faire plaisir, à réaliser mes rêves et à m’encourager quand j’en ai besoin. Il me rend beau et fort, il me rend intelligent et cultivé, il me fait comme je voudrais être et il me trouve toutes ces qualités que j’envie aux autres… Ce matin encore, à l’autre bout du monde il m’a envoyé une petite boite couleur bois où un petit lapin se cache, ce matin encore il me fait sourire…
Ne pas trop savoir comment lui dire, comment m’excuser de m’en prendre à lui, de l’écraser quand je suis en colère, de me moquer de lui parfois, de regarder d’autres moins beaux que lui, de ne pas être aussi présent qu’il le voudrait, de ne pas envoyer de chocolats… Ne pas trop savoir comment le garder, ou comment ne pas le perdre… Alors ouvrir les yeux et se dire que parfois il y a ce creux dans la vague, ce creux dans le cœur. Tu sais, parfois je suis sur mon canapé, parfois je ne te parle pas parce que tu dors et qu’importera la puissance de mon cri, il n’arrivera pas à te sortir de tes rêves, parfois je n’écris pas par pudeur, parfois j’écris ici parce que ça soulage, parce que c’est mieux que de le confier au vent… Alors j’arrête de faire semblant, je pense à toi et tu me manques…
Juste que parfois j’arrête tout et tu n’es pas là… Alors je fais comme je te dis, penser à ces mots doux, à tes dessins de sirènes, à cette bouteille dans le placard a verres, à ces voyages, à ta mauvaise fois, à tes cheveux, à tes yeux, à cette façon que tu as de prendre soin de moi quand je tousse, à tout ce qui fait que je t’aime… Alors tu me manques encore, mais ça va mieux…
23/06/2008Miroir, miroir...
Parce qu’il semble que cela s’impose parce qu’ici n’est pas plus mal qu’ailleurs, parce que peu importe l’endroit en fait… Se retourner, et voir s’il faut sourire ou verser une larme. Se retourner, mais ne pas vraiment savoir que faire. Faut-il seulement faire quelque chose, faut-il seulement l’écrire ? Pourquoi maintenant et se soir ? Pourquoi est-ce si obligatoire ? Au fond, on s’en fiche…
Une enfance houleuse, un noël en souvenir, une main sur un visage qui pleure, des bougies dans l’arbre, une porte, le froid, un avion, et une île au bout du tunnel. Comme un paradis, un paradis d’enfer où ma préadolescence sera tachée de ce sang qu’on ne nettoie pas, de celui qui ne s’en va pas, de celui qui forge les hommes et les rends plus faibles, ou plus forts. Regarder vers hier et ne voir que des fleurs mauves danser et tourbillonner en se jetant du ciel au sol sous mes yeux rieurs. Ne voir que les abeilles me regarder dans le cœur de leur dard plein de ce venin qui blesse plus qu’il ne tue. Petit bouton d’on ne sait quoi. Regarder vers cette île où derrières mes lunettes et mes cheveux gominés, j’aspirer à embrasser plus tendrement que les autres cette Mort qui me plaisait tant. Comme je l’ai aimé la caresse du rasoir le long de ma veine gauche lorsque ma main l’obligeait à se frotter contre moi. Me souvenir d’Edouard, de Laurent et de Yann… Ces trois garçons qui n’avaient d’yeux que pour elles et pour qui je souhaitais mourir de ne pas les vouloir ces elles qu’ils embrassaient à ma place… Me souvenir de la piscine et du reste, des dessins que je retrouve hier et où je revois toute cette détresse dont seuls sont capables les adolescents meurtris. Revoir le lycée et mes secrets, mes sourires enfin… les lettres et les présents lors de mon départ. Revoir la vie, la vie de grand, la vie d’adulte, mon père encore loin, les ennuis bientôt là… Revoir mon déménagement, mes années de séquestration, car c’est le seul mot qui me vient à l’esprit. Revoir ma première fois, mon premier baiser à 21 ans, ma première fois quelques jours après, mon premier homme, mes abeilles loin derrière, la rose qui s’éveille… la colère dans ses yeux, le nom de ma grand-mère, celui de ma mère… Une famille sur le dos, une porte qui vous recrache, un silence qui vous blesse… Partir et recommencer, abandonner et se perdre en chemin. Et ce sourire ? Où est-il donc passé ?
Repenser à Rodolphe, David, Cédric, Damien, Mickael, Morgan, Matthieu, Morgan, Fabien, Giuliano… Julien…
Regarder des images animées qui rêvent une vie meilleures, lire des mots sur une page noire, regarder vers hier et se tourner vers demain… Et dans tout ça ? J’ai changé… mais je voudrais encore changer… Je voudrais le faire sourire et sourire avec lui. Je voudrais dessiner et écrire, chanter et prendre le soleil. Je veux marcher la nuit et me dire que jamais je ne mourrais que lorsque je ne l’aurais vraiment décider. Parler comme je le souhaite, inventer mes phrases et mes mots, penser à ceux que j’aime sans leur donner de nouvelles, m’excuser car je fais ça bien, manger et me foutre de ce qu’on pensera, travailler juste pour avoir de l’argent, pas pour la gloire, pas pour frimer. Ne pas dire que je suis heureux, ne pas dire que je ne le serais jamais vraiment tant que je me tairais. Ecouter la sirène chanter, penser à essayer d’éditer, me dire que demain sera comme hier. Me dire que ce n’est pas un adieu, faire des cauchemars, soupirer, mais soupirer moins. Partir au Japon. Comme si j’avais perdu mon temps, comme si tout n’était que regrets et remords, mais qui suis-je pour oser me plaindre ? J’ai eu et j’ai encore tellement de chance… Je suis tellement capricieux et tellement avide de ce que je n’ai pas… Alain, il y a tellement de choses que tu n’as pas et que tu ne possèderas jamais, il faudrait peut être arrêter là les frais non ? Il le faudrait… Mais si je regarde derrière qu’est-ce que je fais ? Je souris ? Je pleure ?
Parce qu’il semble que cela s’impose, j’aurais aimé le faire sur mon véritable blog. Cependant, je ne souffre plus autant qu’avant, et cette note n’est pas si négative. Si je regarde derrière, je souris. Le cœur est gros, le cœur est lourd, mais ce n’est pas de la tristesse, c’est juste un peu de mélancolie, juste un peu de moi qu’il faudrait partager un jour… J’ai un toit, de l’argent, des amis, une famille, un travail, des plaisirs, un amour… alors je n’ai pas le droit de me plaindre. Demain je ne ferais pas de crêpes, et comme hier je sourirais, mais ça, au fond, on s’en fiche…
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